Angkor… Wat else ?

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Pardonnez-moi, je fais tout à l’envers.

Je vous raconte mes mésaventures animalières nocturne avant même d’évoquer l’objet de ma présence dans cette guest house, dans cette ville méconnue sans doute d’une partie d’entre vous. Alors Siem Reap pour la nommer est la ville qui borde les majestueux temples d’Angkor, vestiges de l’ancienne capitale de l’Empire Khmer qui prospéra du IXème au XVème siècle et plus grand site archéologique au monde, après les pyramides d’Egypte.

Il fallait au moins un article sur Angkor sur ce blog, en partie – je le rappelle – dédié a mes aventures au royaume des Khmers. Alors voila.

« Voir les temples d’Angkor et mourir », voilà ce que j’avais lu un jour sur le sujet. Sans vouloir pousser le lyrisme aussi loin, je peux vous dire que j’étais quand-même vachement impatiente de les visiter. Alors quand Friends-International – l’ONG qui m’emploie, ndlr – a enfin décidé de m’envoyer à Siem Reap pour une étude de marché, je me suis gardé un peu de temps afin d’explorer ces merveilles d’architecture.

Flanquée de mon fidèle et inséparable acolyte qui n’est plus à nommer et de notre nouveau colocataire, fraichement débarqué, nous arrivons samedi soir à Siem Reap. Sept minutes après notre descente du bus, nous sommes confortablement assis dans un tuk-tuk vert pomme, escorté par le « frère » du chauffeur qui doit avoir le double de son âge et nous a trouvé une guest house po cher. En prime, notre tuk-tuk ressemble a Jude Law, en plus bronzé et avec des yeux de faon battu, et moyennant la modique somme de 10 dollars, il est d’accord pour nous faire visiter les temples le lendemain à partir de 8h.

Le lendemain, 8h20. Je me suis réveillée un peu plus tard que prévu car un orchestre de crapaud en queue de pie m’a tenu éveillé une partie de la nuit. Jude Law est là avec sa gueule d’ange, ses yeux de faon et son tuk-tuk vert pomme. En route pour Angkor Wat !

Des pierres millénaires perdues dans une végétation luxuriante, de majestueux éléphants arpentant les chemins de terre rouge, des touristes perchés sur le dos – sans doute des vendus de Singapouriens ! –, des marches irrégulières, des couloirs sombres, une statut de Bouddha, un enfant et de l’encens qui brûle, des singes joueurs, des touristes japonais, des enfants-vendeurs-ambulants, des étendues d’eau infinies, des colonnes de statuts, des murailles, des portes… C’est beau, c’est somptueux, c’est magnifique, c’est grandiose. Je ne suis pas très douée pour décrire la beauté de ce qui m’émeut alors je préfère m’arrêter la. Mais rassurez-vous je mettrai des photos sur facebook.

Plus à l’aise dans l’art du coup de gueule, je vais quand-même en pousser un petit. Objet : les guides de voyage, type Routard et compagnie. Alors selon eux, il ne faut ab-so-lu-ment pas rater Angkor Thom et Angkor Wat, c’est un peu THE temples quoi, les incontournables. Les autres sont tout aussi sympas mais bon valent un peu moins le détour, soit disant… Effectivement Angkor Wat et Angkor Thom, c’est magnifique, cela reflète la prospérité et l’opulence d’une civilisation aujourd’hui disparue. Mais… je sais pas, il y a un peu trop de droiture, de rectitude, de perfection dans tout cela, aucun égarement, pas de faille, a la longue, on s’ennuierait presque (j’ai dit presque, ca va !).

Par chance, nous pénétrons enfin dans le temple de Ta Promh et la… la c’est vraiment quelque chose. Pas de touristes japonais (ils doivent encore trainer devant les bas-reliefs d’Angkor Wat, colles aux basques de leur guide), pas de touristes tout court en fait, plus de vendeurs ambulants de tous âges qui vous harcèlent pour vous vendre une cannette de coca, une flute en bois, une écharpe ou deux écharpes. L’impression que je ressens est sans doute comparable a celle qu’ont expérimenté les premiers archéologues redécouvrant la cite au XIXème siècle. J’ai le sentiment de mettre les pieds dans un sanctuaire coupe de la civilisation ou compositions humaines et forces naturelles ont appris à cohabiter et sont a jamais figés dans une étreinte éternelle. C’est un enchevêtrement incroyable d’arbres centenaires dont les racines gigantesques ressemblent à autant de tentacules se renfermant doucement sur la pierre illustre. Ici la Nature semble reprendre ses droits, cette idée me plait, et sa projection visuelle, encore plus. On grimpe sur les pierres branlantes et moussues pour se ménager un espace entre les pattes de ces fantastiques banyans et imaginer les murs du temple se faire insensiblement mais inexorablement engloutir sous une couche de végétation qui les dérobera à jamais à la vue des êtres humains. C’est sauvage, c’est décadent, c’est… hmm, j’adore.

Après 6 heures de crapahutage, il est l’heure de rentrer. En plus il se met à pleuvoir, eh oui, saison des pluies : still going on ! Même à Angkor. Bien à l’abri sous la bâche de notre tuk-tuk, je ressens une peine inénarrable pour notre malheureux chauffeur qui, pendant 20 minutes, se prend des trombes d’eau sur la gueule alors qu’il n’est même pas équipé du fameux k-way local. Quand on arrive en ville pour manger, sa chemise est tellement trempée qu’elle en est devenue transparente, mais il nous demande quand-même, avec ses yeux de faon, si nous souhaitons qu’il nous attende pendant que nous prenons notre repas et qu’il nous ramène ensuite à notre hôtel. Ma tolérance à l’abnégation humaine a des limites. On le renvoie chez lui se sécher dare-dare. On rentrera à pied. Ou à la nage étant donne que 80 cm d’eau inondent les rues de la ville…

Pour terminer en beauté cette journée d’expédition, on se lance dans une dernière exploration, gustative cette fois, en s’offrant pour le dej – à 16h – un barbecue khmer avec au menu poisson, bœuf, crevette… serpent, crocodile et cuisses de grenouilles. Ca, c’est fait !

Bon après on rentre à l’hôtel et on découvre sur le chemin que les tuk-tuk ca peut aussi faire bateau, voire peut-être sous-marin. C’est vraiment sympa ces engins. On va sur internet, on joue au billard, on boit des milk-shakes, on mange des frites… Et la suite vous la connaissez, je suis victime d’une attaque auditive en plein milieu de la nuit et je me lève la gueule à l’envers le lundi matin pour aller bosser.

Angkor… et toujours.

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