Khmer lessons

Par défaut

Je suis amoureuse de mon prof de Khmer.

Euh enfin… amoureuse c’est un grand mot. Pas amoureuse comme je le suis de mon amoureux officiel bien sur. Ou d’Harry Potter. Ou de Guillaume Canet. Ou de Tintin.

Non plutôt genre ce sentiment qu’on pourrait éprouver devant un petit papi tout fripé qui vous raconte avec un sourire édenté les 400 coups de son enfance. Ou devant un gros bébé joufflu qui se fend tout simplement la poire devant Oui-Oui. Où, je sais pas moi, Winnie l’ourson devant son pot de miel, Scrat avec sa noisette, le Chat Potte de Shrek… Ce mélange étonnant d’attendrissement et d’amusement qui fait que vous avez à la fois envie de distribuer des câlins et d’éclater de rire.

Vous voyez ?

Ben mon prof de Khmer c’est un peu ca. Je l’adore. Il a une bouille toute ronde avec des petites lunettes, qu’il enlève a la fin du cours pour la partie « Culture », lorsqu’il nous apprend qu’au restaurant on peut se curer le nez en toute impunité mais qu’au contraire vider le contenu de ses narines dans un mouchoir est symbole d’une grossièreté intolérable. Il dit constamment « You see that one », pour tout et n’importe quoi – « Ecole se dit salaa, you see that one », «Au Cambodge on se dit merci en se souriant, you see that one », « J’ai perdu mon petit frère pendant le génocide, you see that one » –, se marre tout seul a la première occasion, surtout des bévues qu’on adore lui sortir, et a un rire extrêmement communicatif. Bref les cours de Khmer, c’est la poilade !

On apprend plein de trucs aussi. Bon ok la première phrase qui me vient a l’esprit quand je réfléchis a ce que je sais dire en Khmer c’est « Mon chat mange un gâteau » (Tchmaa kniom niam noom mouy), mais n’empêche que l’autre jour, quand je suis tombe en panne d’essence, j’ai su expliquer mon problème en Khmerglais et ca a été bien plus efficace.

On a un petit cahier d’exercices, des devoirs et des interros. C’est la classe quoi, dans tous les sens du terme.

On parle de choses sérieuses aussi. Socheat – c’est son nom – prend un air plus grave pour évoquer sans tabou les Khmer rouges, son échappée dans les montagnes due au statut de militaire de son père, la séparation avec sa famille, puis les mois d’attente entre l’annonce de la libération par le Vietnam et les retrouvailles familiales…

Puis il replie sa carte du Cambodge et nous demande avec un sourire goguenard : « Comment dit-on petit culotte en anglais ? ». Moue sceptique des trois interrogés. « Panty. C’est le mot pour dire Carte en Khmer ! ».

Il se marre. Nous aussi.

La leçon est finie.

Une réponse "

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s