Phnom Penh by night – part 1

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Le week-end, les soirées à Phnom Penh, c’est bien plus qu’un moment de détente entre amis ou une partie de plaisir. C’est tout un concept. Mieux : une institution. Un brassage coloré de cocktails détonants, de musiques impérissables, de rencontres improbables, de courses en moto dans la ville endormie, d’expériences inédites, de découvertes et surtout de bonnes grosses barres (de rire je précise) !

Ce week-end était particulièrement représentatif de tout cela alors j’ai décidé de vous faire un topo sur la question.

Vendredi, 7:30 p.m. Dégustation de sangria sur la terrasse avec ma nouvelle famille : la bande des 6 colocs et 1 ou 2 amis triés sur le volet. 8:30 p.m. Il est temps de se rendre à Soirée n°1 qui commençait à 7.30 p.m.

9 p.m. Pause vitaminée, on s’achète dans un boui-boui de quoi tenir la soirée : du whisky à 1,50 $ la bouteille et 3 litres de Big Cola. 9.15 p.m : on arrive enfin. C’est la crémaillère d’une amie de ma coloc et une quinzaine de personnes s’agglutinent sur sa terrasse, boivent des bières et mangent des rouleaux de printemps. On se compose tant bien que mal quelques « whisky-coca » et nous voilà partis : on tchatte, on papote à droite à gauche comme des desperate housewives au club de bridge. Quelques verres plus tard, on ressemble plus à une bande de piliers de comptoir avec un coup dans le nez.

11 p.m. Soirée n°2 nous appelle. Ou plutôt on appelle Soirée n°2, via la collègue de nos colocs qui connait un des mecs qui fait partie de l’équipe d’organisation, pour savoir où ça en est. Réponse : ça commence à peine ! On est partis. Problème : on est 12 personnes pour 2 motos. Pas grave, un tuk-tuk passait par là, on s’entasse à 6 dedans et les autres se serrent. 3 par moto? Bien sûr que ça passe! En route.

11.30 p.m. On arrive à Soirée n°2, c’est-à-dire sur un roof-top de 40 m² peuplé d’expatriés. Je passe à la vodka-orange. On s’éparpille, certains partent à la chasse, d’autres cherchent les toilettes (devinez qui). Je croise une collègue de boulot avec qui je passe un accord tacite : ce qui se passe sur ce roof-top reste sur ce roof-top… On prend plein de photos parce qu’on est souls et qu’on s’adore encore plus que d’habitude. Une heure, 3 vodka-pomme, 2 bouteilles cassés (pas par moi), 3 pipis et au moins 35 minutes de rigolade plus tard, je retrouve mon équipe pour faire le point. Bilan des courses : on s’arrache. Non pas qu’on est pas bien sur ce roof-top, au contraire. Mais bon au Saint-Tropez, ya la clim et on peut danser.

Phnom Penh compte un bon nombre de boites de nuit, certaines remplies de Khmers, exclusivement, avec parfois une exception pour une bande d’expats égarés. D’autres attirent plutôt les vieux-blanc -sales et les jeunes-putes-pauvres. Ce soir on va aller dans une boite qui ne répond pas vraiment à l’une ou l’autre de ces description : Saint-Trop’ baby ! J’adore ce club. Ses grandes colonnes blanches qui supportent le miroir au plafond créent un décor très helléniste, la clim à fond les ballons me rappelle la fraicheur de mon Nord natal et les tubes des années 2011 remixés Khmer style enjouent une population cosmopolite sur une piste de danse surchargée. Exit élastique qui retient ma tignasse moite, exit dignité, exit self-control, exit fatigue. Le temps de quelques chansons je me prends pour Shakira dans le clip de Waka Waka (j’ai pas vu le clip mais j’imagine).

2 p.m. On se retrouve en effectif réduit au Pontoon, autre boite branchée de Phnom Penh ou la clim est moins fort et la musique, moins familière (exit Shakira). Au bout de dix minutes, on a perdu la moitié de la bande et on est plus que 4 à se trémousser sur le dance floor. Soudain on se souvient que notre seul repas de la soirée a été une moitié de spring roll, deux tranches de banane séchée et trois cacahuètes. Urgence burger ! On sort dans la moiteur nocturne à la recherche de notre salut  gastronomique et on se retrouve à s’enfiler goulument frites et hot-dog dégoulinant de ketchup-mayo sur le trottoir.

4 p.m. C’est l’heure de rentrer. A la maison, retour à la case départ : la terrasse, où on retrouve notre coloc et sa guitare. Dialogue de souls. On parle de vomi.

4:45 pm. Je me suis endormie sur le canapé, puis dans le hamac. Je me décide enfin à regagner mon lit.

Noir.

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  1. Sabine, l’impression que tu a laissée sur la petite carte chargée de mots pattes-de-chattés, chez mes parents, dans la petite maison toujours ouverte du Standaert Straete, et à laquelle nous n’avons pas pu répondre car tu es partie avant, était bien la bonne: punaise tu s a i s écrire!
    On ressent très bien l’atmosphère de Pnom Penh de nuit qu’on sait que tu veux retransmettre, et par dessus tout tes propres impressions, et mieux tes sensations et sentiments les plus profonds.
    Ton rapport ressemble à du Proust (dans le très bon sens du terme et tu le sais) mais décoincé: la description des détails auxquels tu donnes une saveur et une couleur; bref la recherche des « sensations » dans le découpage du temps et des objets, font que tu redonnes Le Temps proustien Pnompénhien, sur un écran fade d’ordi!
    Bravo et merci. Prenez soin de vous.

  2. On peut dire que vous savez écrire toutes les deux !
    C’est super émouvant, cette façon presque nonchalante de retranscrire du vécu !!
    J’en ai presque une petite larme quand je vous lis : du côté de l’oeil qui pleure tout le temps (ça c’est pour ne pas l’avouer !)

    Bravo et merci. Prenez soin de vous. ça c’est d’Hélène
    MP

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