Les vacances, chapitre 3 : Trek et Crèpe

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Jour 3. Nous voilà à Chi Pat, un petit village fluvial, siège d’un grand projet d’écotourisme communautaire. Il est 8h du matin, et nous partons, tous les 6 + une japonaise + 2 guides + un cuisinier, à la découverte de l’écosystème des Cardamomes. Sus à la Nature ! Sacs de randonnée sur le dos, nous marchons d’un pas gaillard, chantons des chansons, racontons des histoires, jouons à des jeux, bavardons en Khmerglais avec nos guides. Comme j’aime ne rien faire comme tout le monde, quand je pars en randonnée pendant 2 jours, je me chausse de tennis en tissu roses trop petites. Mais à part ça, tout va bien. Le soleil nous chauffe la peau et nos guides sont rigolos. L’un ressemble à Simplet (vous savez le copain de Blanche-Neige) et s’est coiffé d’un bonnet parce qu’il a froid (il fait 30 degrés). Son copain répond au doux nom de Krep mais pour tout le monde ça sera Mister Crèpe jusqu’à la fin du séjour. On marche toute la journée, on traverse la steppe, la savane, la jungle, les marécages, des cours d’eau. Je me prends une énorme branche dans la face, ce qui me vaut une belle bosse sur le front. En revanche les sangsues me laissent à peu près tranquille.

Enfin on arrive à l’endroit où nous passerons la nuit : 3 cahutes abritent une petite famille de Khmers qui vivent au cœur de la jungle avec leurs 8 poules, leur gros cochon, leurs 2 chats et leurs 5 chiens. Délestés de nos sacs, nous traversons une dernière portion de forêt et nous retrouvons face à d’impressionnantes chutes d’eau, bien réelles celle-là (ouf). Mais l’aventure n’est pas finie : avant de faire plouf, il faut descendre les chutes par le côté pour arriver à un promontoire d’où on peut plonger dans les remous du bassin. Voilà un nouveau monde à traverser pour petit pac-man en herbe: le monde de la patinoire rocheuse étalée sur une descente de 20 mètres, surplombant un torrent furieux qui se déverse 1 mètre plus bas. En proie au vertige, je commence par déclarer forfait et regarde s’éloigner mes camarades qui sautillent de pierres en pierres comme des cabris. Bon, je décide de me lancer, plutôt en mode araignée à quatre pattes et dignité piétinée. Morte-de-peur, je finis par me retrouver au bas des chutes et oh my god, le spectacle valait le coup de se faire une frayeur !

C’est l’heure de la baignade.

J’adore nager… dans une piscine. Quand je ne vois pas le fond, je perds toute rationalité. Je suis intimement persuadée que les profondeurs obscures qui s’ouvrent sous mon corps gigotant sont peuplés de créatures tentaculaires aux dents acérées et aux intentions malfaisantes. Mais au point où j’en suis, je me dis que si je suis toujours vivante, ça n’est pas pour me faire maintenant bouffer par le Kraken. Oubliant mon vertige, je me lance du promontoire dans les profondeurs abyssales ou mes amis s’ébrouent déjà comme si de rien n’était – mais comment font-ils ?! Bien sûr, une fois de retour à la surface, je cède à la panique et couvre à la nage les 8 mètres qui me séparent du bord en moins de 4 secondes. J’ai perdu une lentille dans la bataille. Comme j’aime ne rien faire comme tout le monde, quand je pars à l’aventure avec des lentilles dans les yeux, je ne prends pas de lunettes de rechange. Je serai donc borgne pour le reste du séjour.

Retour au camp de base après une heure de jeux aquatiques pendant lesquels on a failli perdre 2 de nos coéquipiers qui se sont pris pour Chuck Norris. Notre dîner nous attend – du riz comme d’habitude. Notre guide à chapeau est devenu notre meilleur ami et nous appelle tous Poumaa (ami en Khmer). On a tous hérité d’un surnom, en référence à Mister Crèpe. Pour moi, ça sera Mister Bine. Ahah.

La nuit tombe. Nous les filles devenons amies avec les petites de la famille qui sont tout simplement à tomber, genre Pocahontas cambodgienne à 8 ans, pendant que les garçons (Mister Toune, Mister Hadyen et Mister Nico) vont visiter la case numéro 1 et boire de l’alcool de riz à 70 degrés avec nos hôtes. Après, le Papa ramène quelque chose qui ressemble à un petit serpent et qui s’avère être un mille-pattes géant. C’est dégoutant et ça amuse tout le monde sauf moi. Je passe encore une fois pour la chochotte de service mais c’est pas grave. J’assume totalement mon côté ennemie des bêtes. Pour compenser, je me fais pote avec le petit chien. Après les filles aussi sont invités à boire de l’alcool de riz dans la case numéro 1, avec Poumaa et Mister Crèpe, le papa, le grand-père, la maman qui halète son bébé, les petites qui nous présentent leurs chats, Katého et Katiha. Il est presque 9h, c’est-à-dire vachement passée l’heure de se coucher en heure junglaise. Nous regagnons nos hamacs dans la case numéro 3 et nous endormons du sommeil des braves.

Le lendemain, des noodles plein le ventre à 7h30 du matin, on repart jouer dans les chutes. Je me retape la descente glissante, le saut de la mort, le Kraken et ses potes et en prime, je me fends à moitié l’orteil sur un rocher. Mais c’est quand-même trop bien comme salle-de-bain cette cascade. Jamais connu toilette matinale plus sympathique. Puis c’est l’heure de rentrer à Chi Pat, on dit au revoir à nos copines et à leurs parents, c’est un peu triste.

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  1. Pingback: Le sport c’est trop dur « My Totebag

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