Les vacances, chapitre 4 : Retour à la maison

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Après 3 heures et demi de marche, nous revoilà à notre point de départ. On ne traine pas car la nuit tombe dans deux heures et on veut retraverser les 17 km de pistes qui nous ont conduites jusqu’ici de jour. On enfourche nos motos. Je me sens fourbue, fatiguée, j’ai mal partout et la pluie se met à tomber. En plus, je suis borgne. Les conditions ne sont pour ainsi dire pas optimales, pas optimales du tout. La piste  qui était sèche à l’aller est maintenant boueuse et glissante. Toute mon assurance m’a quitté et la moto soudain, ça ne me semble plus rigolo du tout.

Quand enfin nous atteignons l’autre bout de la piste une heure plus tard, on est trempés de la tête au pied et jusqu’au fond de nos sacs et la pluie s’abat de plus belle. Nous avançons au ralenti sous des tonnes d’eau. Aucune infrastructure susceptible de nous offrir un abri temporaire ne borde la route. La nuit tombe et il nous reste une trentaine de kilomètres avant le village où on avait prévu de passer la nuit…

Un restaurant sur notre droite apparait soudain comme notre salut. Je fonce m’abriter, nous nous déshabillons au milieu du local pour enfiler les quelques vêtements encore secs que nous avons. Le gérant du restaurant possède une guest house 100 mètres plus loin. Rassurés, nous sortons nos cartes mouillées et enchainons les parties de coinche pendant que des trombes d’eau continuent de se déverser sur la route. J’ai l’impression qu’on ne viendra jamais à bout de ce cumulo-nimbus. On commande à manger, on discute. La pluie ne cesse pas. Au bout de 3h on se décide à reprendre nos motos pour parcourir la distance qui nous séparent de la guest house. La chambre est miteuse. Deux lits d’une personne pour 4, des moustiques plein le plafond, une odeur de renfermé et un chien qui hurle à la mort toute la nuit. Serrée contre Antoine sous mon pyjama mouillé et les draps moisis, j’écoute la pluie tomber continuellement et je me dis qu’on n’arrivera jamais à Phnom Penh vivants. Je me fais tous les scénarios possibles et imaginables : la glissade, le camion, la roue qui se décroche, le rhinocéros qui traverse la route, le trou sans fond au milieu du chemin, les freins qui lâchent dans la descente à 45 degrés, une attaque de monstres ou un pont qui s’écroule.

Au final, la pluie s’est arrêtée tôt le matin et on est rentrés sans encombre à Phnom Penh en fin de matinée, sales, les fesses en compote, les pieds déglingués, les cheveux poisseux, les vêtements puants, le visage rouge et les yeux cernés, mais en vie et en un seul morceau.

Moralité : les vacances au Cambodge, c’est pas de tout repos ! Il va me falloir quelques journées de travail pour m’en remettre. Ça tombe bien, demain c’est la rentrée, j’ai cours tout le week-end et je reprends le travail lundi.

Les vacances, comme toutes les bonnes choses, ça a une fin.

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