Abat-et-moi!

Par défaut

Au Cambodge, on fait souvent face a des surprises culinaires diverses et varies, bonnes ou mauvaises.

Par exemple, sans vouloir avoir l’air de faire preuve d’hyper-corporatisme, quand on va manger Khmer a Romdeng, le restaurant de formation géré par Friends, on est rarement déçus, même quand on commande, disons, des tarentules grillées. Oui oui.

D’autres expériences peuvent s’avérer moins concluantes. Comme la noodle soup sur un bout de trottoir par exemple. Ou le riz frit au coin de la rue dont chaque grain est enrobe d’une couche de graisse aussi épaisse que le grain lui-même. Ou le sac de cafards frits. Mais il y a un truc qui pulvérise tous les records en matière de répugnance alimentaire : les abats.

Au Cambodge, on ne fait pas vraiment la différence entre la vraie viande et la fausse viande, celle avec laquelle, dans les pays civilises, on fabrique des boulettes pour chat – ou des knackis. Une cuisse, un foie, une pate ou un cerveau de poulet, c’est du pareil au même dans l’esprit du khmer moyen. Je ne suis pas une grande carnivore a la base (j’aime même pas le steak hache sauf en bolognaise, c’est dire) et j’ai récemment arrêté les saucisses de Strasbourg, donc forcement quand au lieu de me servir du muscle, la seule partie que je mangerai jamais chez un animal, on me sert un organe qui sert a produire des excréments, accompagne d’une boite crânienne, ca m’irrite.

Ce qui donne parfois lieu a des incidents gastronomiques, qu’on mettra sur le dos du choc des civilisations.

Par exemple, si vous avez lu mon article sur mon retour de vacances, vous avez surement compris que ca n’a pas vraiment été une partie de rigolade. Trempée jusqu’aux os, au bord de la luxation pulmonaire et en état de névrose post-traumatisme-moto-branlante-et-chaussée-glissante je me raccroche désespérément au réconfort qu’est censée m’apporter mon assiette de poulet grille. Et la, on nous sert… une délicate poêlée d’os et de viscères avec sur le dessus, telle une cerise sur son gâteau, deux pates de poulet, avec les griffes et tout.

J’explose. Littéralement. Je bafoue sans vergogne tous les codes psycho-socio-culturels du Cambodge en allant engueuler vertement le serveur, la cuisinière et toute la clique. Je leur montre mon ventre, je leur montre mes pieds dans une tentative désespérée de leur faire comprendre que non, moi je ne mange pas de ce pain la et que je veux de la cuisse, de la vraie, merde !

Bon 15 minutes plus tard, j’ai bien obtenu ma cuisse et une centaine d’autres petites attentions annexes et je me retrouve a présenter piteusement mes plus plates excuses aux victimes de ma tonitruance. N’empêche, les entrailles c’est toujours pas mon truc.

Hier soir je rentre chez moi. Mon coloc a invite ses amis khmers, ils sont allés acheter de la viande cuisinée et nous invitent à les rejoindre sur la terrasse pour partager leur diner. Je me saisie d’un morceau a l’aspect fort peu ragoutant. Regard interrogatif jeté à l’un des invites. Il me montre son ventre. Je repose le morceau, pas convaincue. Je tente ma chance une seconde fois en arborant ce qui s’avère être… une oreille de vache ! Je décide de me rabattre sur les trois tranches de concombre pendant que les Cambodgiens engloutissent goulument langue, groin, pis et je ne sais quelles autres horreurs.

Le fossé interculturel France – Cambodge est-il si large qu’ici les tournedos et les sot-l’y-laisse finissent en pate pour chien ? Honnêtement je m’interroge…

"

  1. Ce midi on a mangé un gratin de pâtes aux champignons et parmesan avec du cabillaud, demain du hachis parmentier avec de la viande hachée de chez Berteloot. Courage, on fera de la dinde à Noël, des suprêmes de poulets, des rotis de porc et de boeuf, des esargots… et tout ce que vous voulez.

  2. Pingback: Les Cambodgiens et la gastronomie, c’est pas facile tous les jours « My Totebag

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s