La rentrée des classes

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Trêve de baratin pseudo-socio-économico-politico-philosophique, ma poche a idées est pleine a craquer. Retour a l’essentiel, a ce qui, j’en suis sure, vous importe vraiment a vous lecteurs de ce blog : ma vie ! Extraordinaire rappelons-le.

Il y a deux semaines, j’ai fait ma… 22eme rentrée des classes. Oui car dans ma vie extraordinaire, les mois de septembre sont tous rythmes par la même routine : les fournitures, le cartable, les chaussures brossées, la tenue de rentrée, la nouvelle maitresse, les cheveux tresses…

Euh… En fait tout bien réfléchi ca fait un bail que mes rentrées des classes ressemblent plutôt a :

–          10h : « Hmm c’est aujourd’hui la rentrée ? Zut j’avais pas compris que les vacances etaient deja finies. »

–          14h : « Psssit t’aurais pas un stylo à prêter ? Une feuille aussi t’aurais ? T’aurais l’heure par hasard ? C’est quoi comme cours la ? T’as pas un chewing-gum ? Un mouchoir ? »

–          16h30 : « J’aurais pas mis mon tee-shirt a l’envers par hasard ? »

Enfin bon c’est n’importe quoi, bienvenue a la fac.

Parenthèse. Car j’en soupçonne quelques uns d’être complètement largues, genre « Mais qu’est ce qu’elle fait au juste ?! Stagiaire ? Chômeuse ? Etudiante ? C’est à n’y rien comprendre !».

Pardonne-moi cher lecteur, ma vie est effectivement un peu complexe à suivre de loin.

Figurez-vous qu’après 6 années d’études mi Lettres et sciences humaines, mi Sauvage de monde, ma grosse tête n’est toujours pas repue et réclame toujours plus de connaissance à emmagasiner. Elle m’épuise. Fort de ces 6 années de travail inutiles (ok je sais lire, écrire et sauver le monde. Franchement qui va m’embaucher ? Personne) et de mes infructueuses recherches d’emploi, je décide cette année de prendre mon avenir en main et de faire enfin quelque chose d’utile… : du BUSINESS ! Paraitrait qu’il serait social. En tous cas c’est ce pour quoi j’avais signé mais c’est pas ce qu’indiquait l’intitulé du master écrit en lettres capitales sur le tableau Velléda le jour de la fameuse rentrée. Y avait juste marqué : « Entreprenariat et gestion de projets ». Le social dans tout ca il est passe ou ? Pas compris.

Bon au final, toute cette petite histoire ne change pas grand-chose à mon statut de stagiaire/chômeuse-en-puissance puisque les cours ont lieu le soir et le week-end pour nous laisser le temps d’exercer une activité professionnelle a cote. Donc j’ai toujours désespérément besoin d’un job ! (je sais pas moi, peut-être qu’a force de le dire il va me tomber du ciel)

Bref.

Pour bien commencer l’année, on a joue à un super jeu : un business game (jeux d’entreprises pour les non bilingual). C’était pas, mais alors pas DU TOUT, amusant. En résumé, il fallait, en groupe de 4 ou 5, incarner une entreprise qui fabrique 3 types de bateau : le bateau A, le bateau B et le bateau C. Jusque la, trop facile. Sauf qu’après il fallait décider combien de bateaux on voulait vendre, de quel type (type A, B ou C ?), sur quel marche, a quel cout, avec combien de vendeurs, avec quel stratégie marketing, avec combien de machines de production, etc.

En gros c’était une grosse histoire de cost managing, de cash basis accounting et de record-keeping, ce qui pour moi rime avec panicking, suffering et boring.

Bon la je fais semblant d’avoir pige quelque chose a la compta analytique en anglais, en fait j’ai juste traine sur la page comptabilité de word reference (site que d’ailleurs je recommande chaudement a ceux dont les faibles bases d’anglais ne leur permettent pas de décrypter la phrase précédente).

J’ai un peu boude le jeu, j’ai un peu compris des trucs aussi, et l’essentiel est qu’on ait réussi à sauver l’honneur en arrivant… avant-dernier ! Fiou !

Apres 3 jours passes à m’amuser comme une folle, j’avais compris dans la douleur que si je voulais faire un jour du business, tout social soit-il, il faudrait bien un jour que je comprenne ce qu’est un balance sheet, un discount rate ou un overdraft.

Donc bim, plongée au cœur de l’aventure universitaire cambodgienne !

Les cours commencent à 18h. C’est-a-dire que quand on arrive a 18h05 en cours parce qu’on est bien élevés mais que quand-même on est au Cambodge, il y a trois élèves dans la salle et pas l’ombre d’un prof.

Bon, le cours commence à 18h15 après 40 branchements et débranchements du rétroprojecteur incompatible avec l’ordi du maitre, et le dernier élève arrive généralement autour de 18h45.

Le premier cours était très marrant. Au Cambodge, ou il y a plein de riches – faut pas croire – qui admirent le travail de feu Steve Jobs, on projette les cours avec un Iphone. Sauf que dans ce pays trop high-tech, le réseau internet couvre jusqu’à l’université, ce qui fait que immanquablement le phone trop smart de notre prof avait réussi a se connecter tout seul a internet et, cela va sans dire, a facebook.

Le cours commence donc, a 18h15.

18h30, 1ere notification : Votre connexion internet a été établie.

18h45, le dernier élève arrive en même temps que la 2eme notification : Votre batterie est bientôt vide, pensez à brancher votre téléphone (Le prof continue de débiter son cours en tournant le dos a l’écran).

19h05, 3eme notification : Facebook : Un-nom-de-fille-khmer, a commente votre photo : « Hhmmmmmmmmmmmmmmmm ? »…

Bien sur, hilarité général dans la classe. Le prof lui ne grille rien et poursuit sa conférence.

19h07, il se retourne enfin vers la projection et, prenant note de l’objet de la jubilation de ses élèves, il se retourne vers nous et nous dit sur un ton plaisantin : « C’est qui celle-là ? Je la connais pas. De toutes façons sur facebook j’accepte tout le monde. J’ai 2000 amis. »

Lol

19h25, 4eme notification : Facebook, Un-nom-de-mec-khmer, vous a demande comme ami. « Vous connaissez cette personne ? », nous demande le prof. « Moi pas. Allez je l’accepte ».

Enfin bon c’était marrant quoi.

Le lendemain, le même prof est arrive en cours avec… un Ipad. J’ai eu l’impression de regarder un film promotionnel en accéléré sur la rapidité de l’évolution des productions technologiques d’Apple. On arrête pas le progrès.

Dans notre classe ils sont d’ailleurs tous super high-tech, tous les élèves possèdent soit un Iphone, soit un Blackberry qui en revanche ne connait pas le mode vibreur. Quand leur téléphone sonne en plein cours, ils décrochent, normal.

Je crois que les khmers de notre classe sont un peu riches. Mais bon je les aime bien quand-même, ils ne manquent pas d’esprit critique. Par exemple quand un prof ressortissant du gouvernement vient nous faire un cours sur les bienfaits de la présence des chinois et des coréens qui construisent des hôtels de luxe sur les iles sauvages du Cambodge, certains en arrivent a contredire le prof en rétablissant la vérité sur le fait que non ca ne crée pas forcement des emplois locaux, que oui ca détruit l’environnement et le paysage et que non le but recherche a tout ca n’est pas le développement du Cambodge mais juste, ben, se remplir les poches. Je savoure.

Pendant ce temps la, les 9 français de la classe squattent les bancs du fond et jouent au Snake avec leur Nokia 3310.

Aucun respect pour le maitre et pour Steve Jobs. La rentrée des classes, c’est vraiment plus ce que c’était.

Une réponse "

  1. Après voir lu quasi tous les articles au fil des derniers jours, juste une ligne pour te remercier de me faire sourire grâce à ta plume et les péripéties de ta vie quotidienne.
    Des bises et à bientôt.
    Marie de chez Sol

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