Archives Mensuelles: décembre 2011

Cambodge – France ou Comment j’ai mis 5 jours à rentrer chez moi

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Et donc, me vlà en France.

Avant, j’étais à Bangkok. En thaïlande. Je précise parce qu’à Bangkok, on m’a quand-même sorti « Phnom Penh? C’est où ça déjà?… »

« … Ben, chez les voisins connasse. »

Bref.

Et donc avant d’arriver à Bangkok, on était à Phnom Penh. Mais ça je crois que je vous le savez déjà. Et on a pris le bus.

Le bus

On commence par le bus (le bus) qui nous mène à la frontière. 8h.
Je passe une heure à me demander sérieusement ce qu’on encore branlé les chinois pour que la route soit aussi défoncée et que le bus brinqueballe autant de tous côtés.
Sont-ils pas chargés de l’entretien des infrastructures du Cambodge? Merde alors.

Après j’ai du allé faire pipi.
Bon, ya des chiottes dans le bus, ce qui n’est pas pour me déplaire.
Sauf que pour arriver au chiottes, il me faut descendre un escalier en colimaçon, enjamber 3 sacs de voyages, passer sous une corde, longer des valises.
On se croirait dans Fort-Boyard.
Quand j’arrive enfin devant la porte des toilettes, je constate qu’elle fait environ 80 cm de haut et bien sur, je n’ai pas ma potion à rapetisser… Flûte!
Je me plie donc en 4 pour rentrer en me disant « J’espère qu’Antoine va pas avoir une envie pressante, lui qui arrive à peine à se plier en 1,5.
Je manque de me casser la binette 3 fois de la cuvette des chiottes et d’arroser de pipi l’ensemble de la cabine de 0,25 m² tellement les chinois font pas leur boulot.

Bon ensuite je remonte faire dodo réflechir à des nouveaux articles pour mon blog.

Bon après ya eu la traversée épique de la frontière et 4 heures de mini-bus avant d’arriver à la ville. Je passe, c’est chiant. Ya beaucoup trop de queues dans cette partie du voyage (oui vous pouvez donner libre cours à votre imagination, je vous y autorise pour cette fois).

Ensuite, c’est Bangkok.

Bangkok

Les seules images mentales à peu près claires que je m’étais faites de cette ville étaient tirées de ce film :

Dans ce film, ya quand-même (attention gros spoil arrive à grands pas!) un mec qui se fait tronché par une pute qui a un zizi de garçon et qui s’en souviens pas et un mec tellement bourré qu’il se coupe le doigt pour faire marrer ses potes.

Donc bon moi forcément en arrivant à Bangkok je m’attendais à tater un peu du glauque en croisant au minimum quelques lady boys et autres personnes vaguement pompettes. Au minimum.

Eh ben quedal!

Rien.

Zéro.

Néant.

Au final que retiendrais-je de Bangkok?

  • Le choc urbain de l’arrivée : « Ouah c’est HAUT! », « Ouah ça va viiite! », « Ouah c’est grand! ». Bangkok c’est la ville, la vraie. Genre ya des IMMEUBLES! Genre ya un METRO! Bon Phnom Penh c’est un village à côté, mais au moins on s’y sent pas tout ptit!
  • La guest-house la plus glauque du monde où on nous a même pas fourni du shampoing, ce qui m’a amené à me résoudre à me laver les cheveux avec ma savonnette palmolive.
  • La capacité des tuk-tuk et des taxis à confondre « UNE RUE AVEC DES BARS!!! DES BAAAARS!!! » avec Rue-avec-rien-sauf-maison-de-passe-à-15-euros-l-entrée.
  • Et à faire semblant de ne pas me comprendre quand je leur expliquais que « You know your city is shit, Phnom Penh is better, there is a street with BARS! BAAAAARS!!! ». Bon j’avais quelques bières dans le nez, j’avoue.
  • Un bar très très (trop trop) chic tout en haut d’une tour. C’est un peu le restaurant d’altitude de Bangkok avec du Schweppes à 7 euros, comme dans Gad Elmaleh.

Attention, Schweppes à 7 euros :

C’est d’ailleurs là qu’on a croisé la personne qui savait pas où était Phnom Penh. Trop perchée sans doute. En tous cas ça me confirme dans le fait que j’aime pas les Riches.

  • Une série interminable de Buddhas : Buddha couché, Buddha debout, Golden Buddha, Buddha noir, Buddha blanc à la compote, etc.

Voilà, c’était Bangkok. C’était super.

L’Aéroport

4 jours plus tard, me voilà à l’AEROPORT.
J’ai trois heures et demi d’avance bien entendu.
Et surtout je suis super bien équipée pour l’hiver français avec mon tshirt à manches longues et mes bensimons pleines de trous.

Je sais pas vous mais moi les aéroports ça m’inspire une peur panique. Bon déjà tout le monde ou presque ( – les masochistes) partage ma terreur du crash aérien.
Du moins j’imagine (non mais franchement un CRASH AERIEN QUOI!).
Et en dehors des crashs ya encore tous les risques de retards et d’annulations dus à Volcan en Islande/grève des controleurs/faillite de la compagnie/cataclysme cosmique/fin du monde/etc.

En plus les aéroports, c’est trop grand, ya trop de monde. A chaque fois je me dis que même avec 3h et demi d’avance, il est impossible que je m’y retrouve un jour dans ce dédale de comptoirs d’enregistrement, tarmacs, valises, touristes, portes d’embarquements et autres charriots à bagages.

Donc, panique.
A chaque fois que j’approche d’un aéroport, je commence à avoir envie de… enfin mon corps me fait clairement passer le message suivant : « NON MAIS QU’EST CE QUE TU FOUS LA, DEMI TOUR IMMEDIATEMENT!!! »
Et moi de penser : « Ben oui mais, cher corps, j’suis dans un escalator là… ».

Et là, j’arrive dans l’aéroport et… c’est le miracle.
Ca me le fait à chaque fois.

En vrai (pas dans ma tête) tout est tellement bien organisé, agencé, structuré, à sa place, que c’est comme si il y avait une énorme flèche sur le sol avec écrit « Sabine, c’est par là! » dessus.

Chaque étape fait l’objet d’une nouvelle extase.
Je me dirige vers la télé et – ô merveille – mon vol est affiché, à l’heure exacte, avec la porte d’embarquement ET le numéro du comptoir d’enregistrement.
Je me dirige vers le-dit comptoir et – ô prodige – on me donne ma carte d’embarquement sans même me faire passer un interrogatoire musclé pour vérifier que je ne suis pas un terroriste kazakhe bien décidé à me faire exploser en plein vol, on me prie de déposer mon bagage sur le tapis roulant et on l’embarque sans faire d’histoires.
Je me dirige vers les douannes et – ô miracle – mes papiers sont en règle, je ne transporte pas d’objets dangereux dans mon sac à main (je sais pas moi!), personne n’a l’air de me prendre pour une psychopathe kamikaze (ce que bien entendu je ne suis pas!) (Mais quand-même).
Bon après le fait que les agents se comportent comme ça avec tout le monde et que les engins bipent de partout sans que ça ait l’air d’inquiéter qui-que-ce-soit ne m’inspire pas grande confiance.
Je suis sûre, môa, qu’il y a des méchants dans le tas.
Enfin bref, j’arrive à la porte d’embarquement, qui EXISTE bel et bien (Bon ok j’avoue sur ce coup-là je pense que j’ai peut-être lu Harry Potter trop de fois) (6) (Quoi?).
J’embarque et là c’est une succession de miracles : on décolle et la carlingue n’explose pas au moment où les roues quittent le tarmac, on vole – déjà, miracle! – et aucune aile ne prend feu suite à l’explosion d’une bombe disposée dans le réacteur, on atterit et l’avion ne se désintègre pas en mille morceaux sur la piste.

NB à l’intention de Dieu : on peut savoir pourquoi le monde est un tel chaos alors qu’il y a comme ça des ilôts d’organisation intégralement absolue, ou ya jamais rien qui couille ou presque?
Tu pourrais pas juste refaire le monde en te basant sur le modèle de l’aéroport (celui de Bangkok si possible)?
J’suis sure que ça serait beaucoup moins le bordel.

Et puis ça me ferait gagner vachement de temps! T’imagines? J’aurais plus besoin de travailler de ma vie!

Fin du NB à l’intention de Dieu.

J’arrive en France pour me rendre compte que les gens qui parlent français autour de moi m’irritent et que je serais plus à l’aise parmi un troupeau de Cambodgiens.
Mais Maman m’attends et elle m’a ramené du Comté 🙂

La France, c’est cool.
Welcome back.

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Voila ce que c’est que de vouloir aller a Kampot en moto

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Ce week-end, j’ai fait un constat alarmant : bien que je déballe les moindres détails de ma vie sur ce blog, certains de mes lecteurs n’ont peut-être AUCUNE idée de ce a quoi elle ressemble pour autant, rapport a mon grand fantasme d’avoir des lecteurs qui suivent mes pérégrinations de manière régulière SANS que j’ai à les poster sur facebook accompagne d’albums photos assortis.

Donc, problème.

Parce que le Cambodge regorge de merveilles et qu’il faut ab-so-lu-ment que vous les voyiez, vous mes petits lecteurs adores, même si ca n’est que sur une photo de taille tellement réduite qu’on dirait une carte postale toute droite sortie du mini-monde des minimoys.

J’inaugure donc mon premier article-photo retraçant fidèlement les événements du week-end écoulé.

Alors ce week-end, on est allés à Kampot, petite ville fluviale au Sud du pays.

Comme on en a pas eu assez la dernière fois avec la pluie, les pistes-patinoires, les 587 chutes manquées, les 3 chutes effectives dans la bouillasse, les fesses martyrisées, la peau brulée et la garde-robe des vacances ruinee-que-meme-les-punks-a-chiens-devant-la-gare-Lille-Flandre-porteraient-pas, on s’est dit « Allez on remet ca ! », et on est allés louer des motos a ce charmant loueur qui porte si bien son nom : Lucky lucky moto (loli-loli lol) !

4 motos. 4 conducteurs. 4 passagers. 6 français. 2 cambodgiens. 8 roues. 4 moteurs. Enfin j’espère.

Départ fixe samedi matin a 8h30.

Samedi matin, 8h30 9h15 : Le dernier chauffeur vient d’apprendre à conduire en 4 minutes et demi, je pense qu’on est rodes. On peut y aller.

9h45 : Même pas encore sortis de Phnom Penh, nous nous retrouvons coinces dans un embouteillage de la mort ayant pour cause la construction d’un pont. Je soupçonne les chinois d’être dans le coup. Quand il s’agit de construire des trucs qui servent a rien et qui font chier tout le monde, ils sont jamais bien loin.

Bref.

10h : C’est le drame. Une des motos explose, brulant au troisième degré son chauffeur débutant – Notez chers lecteur ma tendance a la dramatisation d’un événement complètement bénin.

N’empêche. A 10 km de la maison, notre chevauchée des Walkyrie prend un tournant piteux et se transforme en ca :

Bon, c’est pas grave, on appelle le réparateur. Tiens ! Je vais profiter de cet interlude astreint pour vous présenter mes copains que au fond vous ne connaissez même pas… Alors à gauche Hadrien, coloc et camarade de classe. A côté, Manu, ami de Christian de passage sur Phnom Penh. A côté, Chloé, colocataire chérie mais hélas envolée pour la France hier même (bouh). Ensuite vient Rathanak, meilleur collègue du siècle et ami fidèle, puis Solida, collègue de Chloé. Debout ya Christian, le 5ème colocataire, après moi bien sûr et Antoine, caché derrière (que vous connaissez je pense). Il en manque quelques uns pour la photo souvenirs, en particulier Hanna et Pierre qui sont au pays-merveilleux-ou-on-mange-du-fromage-quand-on-en-a-envie… Les gars si vous me lisez, vous manquez vraiment sur la photo souvenir…

BREF!

Apres 15 minutes passées à jouer aux gueux, la détresse latente se fait quand-même un peu sentir.

Heureusement, les troubadours non plus ne sont jamais loin.

Quel tableau charmant, pas vrai ?

10h45, le réparateur arrive enfin. Avec une autre moto. Du coup, il ne répare rien du tout. Bon c’est pas grave, on peut repartir.

11h15, on part enfin. (Ah ah ! Vous vous demandez sans doute ce qui s’est passe entre 10h45 et 11h15 ? Eh ben figurez-vous que moi aussi… Surement encore un coup des chinois !)

13h30, soit deux heures et quart de mal-au-cul/crémation solaire/fun (bah oui quand-même) plus tard, nous voila aux Manguiers.

Et les Manguiers, c’est pas de la gnognotte.

Les Manguiers, c’est ca :

Et ca :

Et ca :

Enfin bon c’est pas mal quoi…

Bon, à ce moment de l’histoire, on est vraiment contents. Surtout qu’on vient de manger du super poisson du Mékong au barbecue avec de la salade de légumes frais du marche du matin dans une paillotte au bord de la rivière. Et on affiche tous des sourires beats. Dommage, j’ai pas de photos.

Et donc après, on fait les fous, normal. Sauf 30% de la team qui a pas trouve mieux que de pas dormir (du tout) avant de partir en week-end (en moto) et qui donc entament leur nuit (a 14h30). En même temps, entamer sa nuit dans un hamac au bord du fleuve, ca a du bon aussi.

Bref, passons.

Nous, les gens or-ga-ni-ses qui avons assure nos 8h de sommeil, on passe l’après-midi à jouer a des jeux très dangereux :

Tenir en équilibre précaire sur un hamac tout en se faisant bouffer par un chien

Etre Tarzan

De moi, on ne voit que le plouf (merci Rachel Vanier) donc je ne peux pas prouver au monde que j’ai bel et bien tente le saut de la mort, et même plusieurs fois. Mais c’est pas grave, j’ai des témoins si vous me croyez pas.

Etre Indiana Jones dans les Dents de la Mer

Finalement la nuit est tombée sur cette folle après-midi d’aventures.

Et la, d’un coup, j’ai cru que j’étais une artiste psychédélique sous l’emprise de substances hallucinogènes : je me suis mise à prendre des photos de l’herbe avec un souci de l‘esthétisme exacerbe, une quête de la beauté exclusive, une investigation artistique transcendantale.

Le résultat est juste A chier dans une brouette.

Bref.

Ya eu une éclipse de Lune, on a joue au footlley-ball, Antoine a fait son coming-out.

Et puis tout le monde a dormi. Looooonnnnngtemps…

Le lendemain, on a eu des crêpes au petit-déj, avec :

–          Du Nutella Maison !

–          De la confiture de fruit de la passion !

–          De la confiture de mangue !

–          De la confiture de goyave !

–          Du miel !

–          Du beurre-de-cacahuète !

–          Du beurre-de-pas-cacahuète !

–          Du fromage !

–          Du Café noir !

–          Du café au lait !

–          Du chocolat chaud (froid) !

–          Du The !

–          Du jus de pomme !

–          Du jus d’orange !

–          De la salade de fruits !

–          Et c’est tout je crois !

–          …

–          Mais bon c’est déjà pas mal !

Une fois passe le petit-déj des Manguiers, plus rien n’a vraiment d’importance… Le dimanche s’étire doucement vers le moment de repartir, après un petit détour histoire de voir Kampot quand-même. Oui parce qu’en fait la plupart des gens qui vont a Kampot décollent pas leur cul des Manguiers et savent même pas quel tête a cette ville, nous y compris. En même temps c’est quand-même pas notre faute si aux Manguiers ya une corde pour se jeter dans l’eau comme Tarzan, des légumes du marche, des hamacs et du Nutella maison…

A Kampot, on mange, pour changer. Et après on part. De Kampot, on n’aura donc vu que le resto au bord de la rivière dont je n’ai même pas fait l’effort de retenir le nom. Nous enfourchons nos motos de 8 mètres de haut, laissant derrière nous trois compagnons de voyage croisés sur place qui repartiront un peu plus tard, serres à trois sur un scooter de 50 cm de bas (pour info, j’ai eu confirmation qu’ils avaient bien finis par arriver a Phnom Penh).

Nous arrivons à Phnom Penh sans encombre, hormis le fait que lorsque j’ai enlevé mes lentilles de contact le soir, il y avait des moustiques collés dessus. La faute a la nuit qui tombe à 17h30 et m’oblige à ôter mes lunettes de soleil…

Voila, je conclus mon premier article-photo par… des photos, bien entendu. Elles ne sont pas de moi, mais représentent ce qui m’attends (peut-être) a Bangkok et (surement) en France dans les prochains jours…

Ah oui au fait je rentre en France! Mais apres je reviens hein!

A très bientôt !

La boum, le retour

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Samedi soir ya une semaine, j’ai eu 12 ans à nouveau.

Et comme toute gamine de 12 ans « in », j’ai fait une boum avec mes camarades de classe – NB : a 12 ans j’étais loin d’être « in » alors j’ai pas manque ma chance de l’être a 24 !

Enfin dire « boum » c’est un peu réducteur. A la base il s’agissait d’une soirée « Découverte de la culture et de la gastronomie française ». Donc, avant d’avoir 12 ans, mon acolyte et moi avons quand-même cuisine… une carbonnade flamande. Rien que ca. On aurait pu faire des chicons au gratin mais bon on n’a pas de four.

Donc déjà c’était une boum améliorée, avec de la vraie bouffe française et tout, pas juste des assiettes en plastique avec des bonbons et des chips dedans.

Et puis c’était une boum cosmopolite aussi. Je pense pas qu’il y ait beaucoup de filles de 24 ans qui peuvent se vanter d’avoir fait une boum avec des cambodgiens, aussi « in » eussent-elle été a 12.

Mais surtout, c’était une boum costumée.

Mon déguisement était vachement élaboré. Comme j’ai une vie beaucoup trop remplie (j’écris un mémoire, j’écris un blog, j’écris au moins 35 mails par jour la semaine et 20 le week-end, j’écris tout plein de textos en cours – je devrais peut-être écrire le cours a la place d’ailleurs, rapport a mon exam de mardi dernier), j’avais pas du tout le temps de me chercher un costume. Et de toute façons les magasins de costume à Phnom Penh yen a – pour ainsi dire – po. Du coup, j’ai regarde autour de moi ce que je pouvais trouver pour m’habiller avec. Je me suis d’abord dit que j’allais me déguiser en krama géant (c’est le foulard local, ils se le mettent partout ici, sauf autour du cou bizarrement – j’en ai un stock de 20 à écouler a Noel) puisqu’on doit en avoir une bonne trentaine a la maison. Ensuite j’ai trouve ca pourri comme idée. J’ai vu un casque de moto et je me suis dit que je pourrais me déguiser en chauffeur de tuk-tuk mais bon après je me suis dit que j’aurais peut-être chaud avec un casque de moto sur la tête pendant une boum, sans compter que ca aurait pas été pratique pour danser des slows et poser ma tête sur l’épaule de mon partenaire comme dans les vrais boums. Alors j’ai trouve un drap et je me suis dit que je pourrais me déguiser en romaine. Apres tout, cette tapette de Vercingétorix ayant déposé les armes aux pieds de César, Rome, c’est un peu la France aussi, ca entrait parfaitement dans le thème. Mais je manquais de matos (épingles à nourrice) pour assurer un tombé de plis harmonieux. Au final j’ai pris deux écharpes, je m’en suis nouée une autour de la taille, j’ai mis l’autre sur les épaules, un foulard sur le crane, des grosses boucles d’oreilles, je me suis regarde dans la glace et je me suis dit : « On dirait presque Esmeralda, ca fera l’affaire » (Oui des fois j’ai un ego gros comme ca, je me prends pour Esmaralda).

Ma carbonnade sous le bras qui me crame la cuisse, a califourchon a l’arrière de la moto avec tous mes foulards qui virevoltent derrière moi, me vla en route pour la boom. Il est 17h30. Ah on fait pas les choses a moitie, quand on fait une boom c’est pour de vrai !

La marmite à peine déposée dans la cuisine, je me retrouve dans le salon, au milieu de 15 cambodgiens qui ont des chapeaux de paille sur la tête, des kramas autour de la taille, des cœurs et des fleurs plein les joues et… un shooter de tequila au bout du bras.

En fait ce tableau est assez représentatif du reste de cette soirée hors du commun. Le Cambodge est un pays plein de paradoxes, ou les gens de trente ans jouent à des jeux pour gamins de 12 en buvant de la tequila et en se mettant des guirlandes sur la tête.

Une heure après notre arrivée, nous avons le ventre bien rempli de salade de riz, de pommes de terre et… de carbonnade, qui – sans vouloir avoir encore l’air de me vanter – a fait un carton. En mois de dix minutes, la marmite était vide, et pourtant la viande avait été trouvée suspendue à la merci des mouches dans un étal douteux du Marché Central. A Phnom Penh, même acheter de la viande est une aventure…

Place au shooting! Au Cambodge, l’expression « Tu veux ma photo ? » reprend du poil de la bête. Les cambodgiens, ils veulent vraiment ta photo. Et la leur aussi. Et si on peut éventuellement associer ta photo et la leur pour n’en faire qu’une seule et même image, c’est top méga cool. Iphones et blackberrys mitraillent de toutes parts. 2 ou 3 authentiques appareils photos numériques semblent un peu perdus dans ce délire technologique – c’est a ca qu’on reconnait les pauvres de notre classe, ils ont un téléphone ET un appareil photo. Les Riches, ils ont la classe avec leur 2 en 1.

Et donc, photos

Et photos

Et encore photos…

Apres le shooting, les cambodgiens proposent un jeu. D’abord il faut faire des groupes de 3 ou 4 personnes. Donc on fait des groupes. Le jeu s’appelle « Arbre, feuilles, racine ». Ca m’a frappe le lendemain en milieu d’aprem – aaaah mais bien sur, trrrrii, liv’, rrrout : tree, leaves, roots, hmm… – sinon avant ca je n’avais pas compris le jeu. M’enfin c’était pas bien complique, il fallait se lever a « trrrrii», ecarter les bras a « liv’» et s’accroupir a « rrrout », sauf que le meneur de jeu faisait tout le contraire et il fallait pas se laisser décontenancer.

Moralité : J’ai bien rigole. Il faut que je me (re)mette au sport.

A la fin du jeu, le gagnant (il n’y en a qu’un, d’où l’intérêt de faire des groupes) reçoit… un cadeau !

Un vrai cadeau emballe dans du papier cadeau avec des nœuds-nœuds et tout, que nos camarades de classe ont pris soin de ramener dans la perspective de faire des jeux et donc d’avoir des gagnants. On s’en fout un peu de ce qu’il y a a l’intérieur – pendant un moment je les ai d’ailleurs soupçonné d’avoir emballe des journaux usages juste pour faire un paquet. L’essentiel c’est que le gagnant ait son cadeau.

Franchement, les boums au Cambodge c’est carrément plus style qu’en France.

On enchaine sur un deuxième jeu appelé « Les crocodiles arrivent ». Une fois de plus, il faut faire des groupes et imaginer que le sol de la pièce est un immense lac infeste d’alligators friands de chair humaine. Notre salut se trouve sur un seul carreau de carrelage sur lequel on doit réussir à se serrer tous les 6 pour échapper a une mort atroce. Je vous laisse imaginer la scène. Certains groupes rivalisent d’imagination et conçoivent des figures absolument hallucinantes (bon sur la photo ca se voit pas trop mais c’était très impressionnant) :

D’autres ne parviennent pas à assurer une stabilité suffisante a leur pyramide et finissent en chair a pate dans la gueule des crocos. Mouarf!

Les français se sentant un peu en reste – c’est quand-même notre soirée après tout ! – décident d’organiser un concours de déguisements. Tous ceux qui le souhaitent ont trente minutes pour optimiser leur costume en s’étalant sur la face autant de maquillage qu’ils en ont envie, ou en utilisant les objets de la pièce d’une manière ou d’une autre. La pièce est remplie de cannettes de bières vides et d’assiettes en plastique sales. L’option « Je me déguise en tas de déchets ambulant, c’est trop la classe » traverse tous les esprits. Quelqu’un lance « Il faudrait faire des groupes ! », mais c’est déjà le chaos général dans l’appartement, chacun pour sa gueule, a la guerre comme a la guerre.

Les cambodgiens essayent de se déguiser avec tout et n’importe quoi, ils se mettent des guirlandes sur la tête, s’enroulent des draps autour du corps, s’accrochent des paniers a la taille… On en voit même un essayer de se déguiser avec un tableau en l’accrochant sur son ventre. Ils découpent des guns dans du carton pour aller avec leur chapeau de paille, en mode « Quoi? J’suis un cow-boy, ca se voit pas ? Bon ok j’ai des cœurs sur les joues mais j’suis un dur à cuire ! ».

Lol.

Une demi-heure plus tard, place au défilé.

Au clown et sa guirlande de canettes vides succède une bataille enragée entre cowboys et indiens. Un nuage passe, suivi d’une Esmaralda ratee (moi). Un ivrogne arrive en titubant avec sa bouteille de tequila, met deux cigarettes dans sa bouche et les allume. Enfin le clou du spectacle, un des gars de notre classe arrive en tenant par la main une haute silhouette drapée de noir et nous dit : «  Je vous présente ma fille qui se marie aujourd’hui ». Il retire le voile dans un geste théâtral, nous révélant un de nos camarades emballé dans un drap blanc avec un bikini par-dessus la robe, du noir plein les yeux, du rouge plein la bouche et un regard de transsexuel enguirlandé. Trop – fort !

Apres, c’est l’heure de danser. On a éteint la lumière. Totalement. Comme dans une vraie boom quand ya les slows. Sauf que bon on en ait pas a ce point d’intégration culturelle donc au lieu de se prendre par la taille on a mis La Chenille et on a fait la queue-leu-leu sur le balcon pendant 5 minutes, puis Au bal masque (ohé ohé). Puis la macarena. Puis Britney. « Oh I love Britney ! », les cambodgiens sont fans. C’était le déchainement sur le dance floor – mot qui revient d’ailleurs beaucoup trop souvent sur ce blog à mon gout.

Apres il est 22h30, on est fatigues, il est quand-même vachement tard pour une boum. Les uns commencent à partir, les autres se disent qu’on pourrait poursuivre la soirée dans un bar. Eternelle routine : on a envie de suivre les uns mais bien sur on suit les autres.

C’est trop bien les boums, j’aurais du en faire plus quand j’avais 12 ans. A la fin de la soirée, j’ai même réussi a embrasser un garçon ! Bon ok, on s’est foire en voulant se faire la bise du même cote… Mais bon quand même !

Je vous rassure, après j’ai embrasse l’autre garçon, celui que vous connaissez tous, et on a rigole tous ensemble.

Voila, avoir 12 ans à nouveau, c’est vraiment trop Kikoolol ptdr ^^ !

J’vous love lez amis

xD

Le grand deferlement

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En ce moment au Cambodge, il se passe un phénomène sociologique intéressant : c’est la saison haute, haute renvoyant ici à l’accroissement fulgurant et incontrôlable du nombre de touristes au mètre carre dans l’ensemble du pays.

Je suis intimement persuadée que, a l’instant même ou la dernière goutte de pluie s’est écrasée sur le sol cambodgien, dans tous les aéroports du pays les portes de dizaines de cockpits se sont toutes ouvertes au même moment, laissant se déferler un flot interminable de visiteurs. A croire qu’ils étaient juste planques pendant tout ce temps, à attendre que Dame Mousson daigne fermer le robinet.

Ben c’est que c’est l’hiver au Cambodge en ce moment, du coup il fait que 25 degrés.

Résultat, depuis trois semaines, des que je vais diner dans un resto, il est plein. Des que je vais boire un verre dans un bar, il est plein. Des que je vais me trémousser sur une piste de danse en bonne clubbeuse que je suis, elle est pleine. J’ai pas un mètre carre d’espace vital sur le dance floor. Et ca, c’est intolérable.

Pis, je me retrouve confrontée à des situations totalement loufoques :

La dernière fois je voulais diner à Romdeng. Vous savez, le restaurant géré par Friends ou on mange des tarentules. Une copine de France était de passage, il fallait que je sois corporate. On nous fait attendre 45 minutes alors que bon c’est quand-même parce que je dissémine des pubs dans tous les magazines de la ville que cet endroit fait un carton. Aucune reconnaissance pour mon travail… Passons.

Une fois installes, je réalise mon petit détour usuel par les commodités et je comprends alors la raison de notre attente. A l’intérieur du restaurant, il y a l’équivalent du rassemblement de tous les clubs de belotte de France et de Navarre, tranquillement attables a des tables de 30 mètres de long, en train de s’enfiler Amok et bouteilles de vin. On se croirait dans les Bronzes, version 3eme âge. Une véritable invasion de vétérans hexagonaux.

Et la je me suis dit « C’est parti pour trois mois ».

L’autre jour, en allant au bureau, j’ai laisse passer une colonne de 10 cyclo-pousse transportant chacun un touriste sur le boulevard Norodom. Un cyclo-pousse ca ressemble à ca :

Oui la photo date mais ca a toujours sensiblement la même gueule.

En temps normal, c’est-a-dire pas en novembre, décembre, janvier, il doit y avoir 8 cyclo-pousse qui sillonnent la ville en tout et pour tout. Depuis le 1er novembre, c’est un festival de cyclo-pousse à Phnom Penh. C’est à se demander ou ils étaient tous ranges pendant tout ce temps et a quoi étaient occupes leurs conducteurs. Je les soupçonne fortement d’avoir troque leur moto-dop contre un cyclo-pousse a l’aube du grand débarquement, c’est tellement plus sooo typical (mon cul ouais). Pour les touristes, le cyclo-pousse c’est le kiffe intégral : ca ne doit pas dépasser les 4 km/h, ce qui a pour double avantage de leur laisser le temps d’admirer le paysage (20 minutes pour la façade du palais royal) et de ne pas présenter un grand danger de collision dans cette circulation de fou (enfin ya toujours l’option aplatissement par un Hummer). En plus, ca leur permet de rincer un pauvre et leur conscience par la même occasion.

Allez, je suis bien méchante envers ces pauvres touristes. Au fond je n’ai rien contre eux, ils me font bien marre dans leur véhicules moyenâgeux avec leurs krama autour du coup et leurs havanas. Et en plus grâce a eux, on double notre chiffre d’affaire (faut pas oublier que je fais du business moa, derrière mes grands discours Je sauve la planete !).

Mais bon des fois j’ai des relents d’agoraphobie qui me rattrapent et je suis prise d’une envie subite de sauter dans le premier avion pour retrouver les champs de papates de Ledringhem dis donc !