La boum, le retour

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Samedi soir ya une semaine, j’ai eu 12 ans à nouveau.

Et comme toute gamine de 12 ans « in », j’ai fait une boum avec mes camarades de classe – NB : a 12 ans j’étais loin d’être « in » alors j’ai pas manque ma chance de l’être a 24 !

Enfin dire « boum » c’est un peu réducteur. A la base il s’agissait d’une soirée « Découverte de la culture et de la gastronomie française ». Donc, avant d’avoir 12 ans, mon acolyte et moi avons quand-même cuisine… une carbonnade flamande. Rien que ca. On aurait pu faire des chicons au gratin mais bon on n’a pas de four.

Donc déjà c’était une boum améliorée, avec de la vraie bouffe française et tout, pas juste des assiettes en plastique avec des bonbons et des chips dedans.

Et puis c’était une boum cosmopolite aussi. Je pense pas qu’il y ait beaucoup de filles de 24 ans qui peuvent se vanter d’avoir fait une boum avec des cambodgiens, aussi « in » eussent-elle été a 12.

Mais surtout, c’était une boum costumée.

Mon déguisement était vachement élaboré. Comme j’ai une vie beaucoup trop remplie (j’écris un mémoire, j’écris un blog, j’écris au moins 35 mails par jour la semaine et 20 le week-end, j’écris tout plein de textos en cours – je devrais peut-être écrire le cours a la place d’ailleurs, rapport a mon exam de mardi dernier), j’avais pas du tout le temps de me chercher un costume. Et de toute façons les magasins de costume à Phnom Penh yen a – pour ainsi dire – po. Du coup, j’ai regarde autour de moi ce que je pouvais trouver pour m’habiller avec. Je me suis d’abord dit que j’allais me déguiser en krama géant (c’est le foulard local, ils se le mettent partout ici, sauf autour du cou bizarrement – j’en ai un stock de 20 à écouler a Noel) puisqu’on doit en avoir une bonne trentaine a la maison. Ensuite j’ai trouve ca pourri comme idée. J’ai vu un casque de moto et je me suis dit que je pourrais me déguiser en chauffeur de tuk-tuk mais bon après je me suis dit que j’aurais peut-être chaud avec un casque de moto sur la tête pendant une boum, sans compter que ca aurait pas été pratique pour danser des slows et poser ma tête sur l’épaule de mon partenaire comme dans les vrais boums. Alors j’ai trouve un drap et je me suis dit que je pourrais me déguiser en romaine. Apres tout, cette tapette de Vercingétorix ayant déposé les armes aux pieds de César, Rome, c’est un peu la France aussi, ca entrait parfaitement dans le thème. Mais je manquais de matos (épingles à nourrice) pour assurer un tombé de plis harmonieux. Au final j’ai pris deux écharpes, je m’en suis nouée une autour de la taille, j’ai mis l’autre sur les épaules, un foulard sur le crane, des grosses boucles d’oreilles, je me suis regarde dans la glace et je me suis dit : « On dirait presque Esmeralda, ca fera l’affaire » (Oui des fois j’ai un ego gros comme ca, je me prends pour Esmaralda).

Ma carbonnade sous le bras qui me crame la cuisse, a califourchon a l’arrière de la moto avec tous mes foulards qui virevoltent derrière moi, me vla en route pour la boom. Il est 17h30. Ah on fait pas les choses a moitie, quand on fait une boom c’est pour de vrai !

La marmite à peine déposée dans la cuisine, je me retrouve dans le salon, au milieu de 15 cambodgiens qui ont des chapeaux de paille sur la tête, des kramas autour de la taille, des cœurs et des fleurs plein les joues et… un shooter de tequila au bout du bras.

En fait ce tableau est assez représentatif du reste de cette soirée hors du commun. Le Cambodge est un pays plein de paradoxes, ou les gens de trente ans jouent à des jeux pour gamins de 12 en buvant de la tequila et en se mettant des guirlandes sur la tête.

Une heure après notre arrivée, nous avons le ventre bien rempli de salade de riz, de pommes de terre et… de carbonnade, qui – sans vouloir avoir encore l’air de me vanter – a fait un carton. En mois de dix minutes, la marmite était vide, et pourtant la viande avait été trouvée suspendue à la merci des mouches dans un étal douteux du Marché Central. A Phnom Penh, même acheter de la viande est une aventure…

Place au shooting! Au Cambodge, l’expression « Tu veux ma photo ? » reprend du poil de la bête. Les cambodgiens, ils veulent vraiment ta photo. Et la leur aussi. Et si on peut éventuellement associer ta photo et la leur pour n’en faire qu’une seule et même image, c’est top méga cool. Iphones et blackberrys mitraillent de toutes parts. 2 ou 3 authentiques appareils photos numériques semblent un peu perdus dans ce délire technologique – c’est a ca qu’on reconnait les pauvres de notre classe, ils ont un téléphone ET un appareil photo. Les Riches, ils ont la classe avec leur 2 en 1.

Et donc, photos

Et photos

Et encore photos…

Apres le shooting, les cambodgiens proposent un jeu. D’abord il faut faire des groupes de 3 ou 4 personnes. Donc on fait des groupes. Le jeu s’appelle « Arbre, feuilles, racine ». Ca m’a frappe le lendemain en milieu d’aprem – aaaah mais bien sur, trrrrii, liv’, rrrout : tree, leaves, roots, hmm… – sinon avant ca je n’avais pas compris le jeu. M’enfin c’était pas bien complique, il fallait se lever a « trrrrii», ecarter les bras a « liv’» et s’accroupir a « rrrout », sauf que le meneur de jeu faisait tout le contraire et il fallait pas se laisser décontenancer.

Moralité : J’ai bien rigole. Il faut que je me (re)mette au sport.

A la fin du jeu, le gagnant (il n’y en a qu’un, d’où l’intérêt de faire des groupes) reçoit… un cadeau !

Un vrai cadeau emballe dans du papier cadeau avec des nœuds-nœuds et tout, que nos camarades de classe ont pris soin de ramener dans la perspective de faire des jeux et donc d’avoir des gagnants. On s’en fout un peu de ce qu’il y a a l’intérieur – pendant un moment je les ai d’ailleurs soupçonné d’avoir emballe des journaux usages juste pour faire un paquet. L’essentiel c’est que le gagnant ait son cadeau.

Franchement, les boums au Cambodge c’est carrément plus style qu’en France.

On enchaine sur un deuxième jeu appelé « Les crocodiles arrivent ». Une fois de plus, il faut faire des groupes et imaginer que le sol de la pièce est un immense lac infeste d’alligators friands de chair humaine. Notre salut se trouve sur un seul carreau de carrelage sur lequel on doit réussir à se serrer tous les 6 pour échapper a une mort atroce. Je vous laisse imaginer la scène. Certains groupes rivalisent d’imagination et conçoivent des figures absolument hallucinantes (bon sur la photo ca se voit pas trop mais c’était très impressionnant) :

D’autres ne parviennent pas à assurer une stabilité suffisante a leur pyramide et finissent en chair a pate dans la gueule des crocos. Mouarf!

Les français se sentant un peu en reste – c’est quand-même notre soirée après tout ! – décident d’organiser un concours de déguisements. Tous ceux qui le souhaitent ont trente minutes pour optimiser leur costume en s’étalant sur la face autant de maquillage qu’ils en ont envie, ou en utilisant les objets de la pièce d’une manière ou d’une autre. La pièce est remplie de cannettes de bières vides et d’assiettes en plastique sales. L’option « Je me déguise en tas de déchets ambulant, c’est trop la classe » traverse tous les esprits. Quelqu’un lance « Il faudrait faire des groupes ! », mais c’est déjà le chaos général dans l’appartement, chacun pour sa gueule, a la guerre comme a la guerre.

Les cambodgiens essayent de se déguiser avec tout et n’importe quoi, ils se mettent des guirlandes sur la tête, s’enroulent des draps autour du corps, s’accrochent des paniers a la taille… On en voit même un essayer de se déguiser avec un tableau en l’accrochant sur son ventre. Ils découpent des guns dans du carton pour aller avec leur chapeau de paille, en mode « Quoi? J’suis un cow-boy, ca se voit pas ? Bon ok j’ai des cœurs sur les joues mais j’suis un dur à cuire ! ».

Lol.

Une demi-heure plus tard, place au défilé.

Au clown et sa guirlande de canettes vides succède une bataille enragée entre cowboys et indiens. Un nuage passe, suivi d’une Esmaralda ratee (moi). Un ivrogne arrive en titubant avec sa bouteille de tequila, met deux cigarettes dans sa bouche et les allume. Enfin le clou du spectacle, un des gars de notre classe arrive en tenant par la main une haute silhouette drapée de noir et nous dit : «  Je vous présente ma fille qui se marie aujourd’hui ». Il retire le voile dans un geste théâtral, nous révélant un de nos camarades emballé dans un drap blanc avec un bikini par-dessus la robe, du noir plein les yeux, du rouge plein la bouche et un regard de transsexuel enguirlandé. Trop – fort !

Apres, c’est l’heure de danser. On a éteint la lumière. Totalement. Comme dans une vraie boom quand ya les slows. Sauf que bon on en ait pas a ce point d’intégration culturelle donc au lieu de se prendre par la taille on a mis La Chenille et on a fait la queue-leu-leu sur le balcon pendant 5 minutes, puis Au bal masque (ohé ohé). Puis la macarena. Puis Britney. « Oh I love Britney ! », les cambodgiens sont fans. C’était le déchainement sur le dance floor – mot qui revient d’ailleurs beaucoup trop souvent sur ce blog à mon gout.

Apres il est 22h30, on est fatigues, il est quand-même vachement tard pour une boum. Les uns commencent à partir, les autres se disent qu’on pourrait poursuivre la soirée dans un bar. Eternelle routine : on a envie de suivre les uns mais bien sur on suit les autres.

C’est trop bien les boums, j’aurais du en faire plus quand j’avais 12 ans. A la fin de la soirée, j’ai même réussi a embrasser un garçon ! Bon ok, on s’est foire en voulant se faire la bise du même cote… Mais bon quand même !

Je vous rassure, après j’ai embrasse l’autre garçon, celui que vous connaissez tous, et on a rigole tous ensemble.

Voila, avoir 12 ans à nouveau, c’est vraiment trop Kikoolol ptdr ^^ !

J’vous love lez amis

xD

"

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