Archives Mensuelles: janvier 2012

« Missparfaiteauboutdumonde.com»

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Parfois en lisant des blogs d’expatrie(e)s, j’ai bien envie de suggérer a leur auteur(e) cet URL, au lieu du leur qui évoque – subtilement – la destination touristique ou ils ont élu domicile. Tellement ya de blogueurs qui m’énervent à être champions dans l’art de se faire passer pour les winners du trophée Meilleur expat de l’année toutes catégories confondues. J’ai dit Miss mais ca pourrait bien être Mister d’ailleurs. Je précise, qu’on ne me soupçonne pas de machisme en plus !

Pour commencer, MPABDM, a peine mis le pied dans un pays ou il fait en moyenne 50 degrés à l’ombre, demande à son taxi de couper la clim pour qu’elle puisse s’habituer a la chaleur.

MPABDM ne passe pas les trois premiers jours de son expatriation à osciller entre 1) Trembler de peur au fond de son lit en essayant d’appelant en pleurant sa Maman qui lui manque et 2) Se bourrer la gueule jusqu’à 8 du matin avec le premier venu. Non. MPABDM était DEJA acclimatée au pays avant même d’y mettre le pied. Au bout de 2h, elle a déjà plein d’amis. Pendant son premier week-end, elle ne perd pas son temps et s’en va visiter les quartiers intéressants de la ville.

MPABDM, quand elle arrive dans une ville inconnue qui grouille de gens, qui pue, dont le volume sonore est a peu prés 35 fois supérieur a ce qu’elle connait, ou tout le monde lui court après pour lui toucher les cheveux et la peau et lui balancer des « Hello, hello » suivi d’un baragouin en langue locale incompréhensible, ou, au moindre faux pas, elle manque de se faire écrabouillée par 4 motos et 2 rickshaws, elle ne se sent pas oppressée at all ! Au contraire, elle est comme un poisson dans l’eau.

MPABDM s’achète sa première tenue traditionnelle du pays en moyenne deux semaines après son arrivée et la porte tous les jours, même si elle trouve ca trop moche, pour mieux se faire accepter de la population locale.

MPABDM a toutes les nationalités représentés dans son groupe d’amis, sauf la sienne. Elle a d’ailleurs l’irritante manie de le rappeler sans cesse a coup de : « Avec mes copines espagnoles… », « Avec mon ami canadien… », « Avec mon coloc argentin », « Avec ma collègue turque… ». Sans compter les tas d’amis qu’elle s’est faits parmi la population locale bien sur.

Sur son blog, MPABDM raconte sa VPABDM (vie parfaite au bout du monde) sans AUCUNE faute d’orthographe.

Un mois après son arrivée, MPABDM peut discuter en langue locale avec les gens qu’elle rencontre.

MPABDM trouve ca trop kiffant d’écouter pendant des heures des vieux lui raconter a quel point c’est dur la vie de paysans du Tiers-Monde. D’ailleurs MPABDM trouve que dire « Tiers-Monde » c’est témoigner d’un profond manque de respect pour les populations du « Sud ».

Même après 6 mois dans le pays, MPABDM n’a pas envie d’exploser la gueule au 261eme mec qui la prend en photo dans la rue, au 3685eme chauffeur qui lui propose de monter dans son tuk-tuk et qui d’ailleurs tente de l’arnaquer ensuite en lui faisant payer trois fois le prix convenu. Elle trouve ca un peu irritant mais « il faut les comprendre ». MPABDM fait preuve d’un relativisme culturel à toute épreuve.

MPABDM part tous les week-ends en voyage parce que « il y a teeeeellement de choses à découvrir » et que de toute façon c’est plus intéressant que de se souler dans les bars à expats.

Sur son blog, MPABDM se pose des questions sur les limites du néo-colonialisme et s’insurge contre la pauvreté et l’injustice en évoquant des images d’enfants déguenillés qui jouent avec leurs chiens faméliques dans les bidonvilles et dont les mamans sont pourtant toujours prêtes à offrir un repas aux visiteurs.

Enfin bref MPABDM m’énerve a me rappeler que moi j’ai que des amis français, que je me plains en permanence d’avoir trop chaud, que je passe mes week-ends dans les bars a expats, que j’ai presque rien vu du Cambodge, que je connais 8 mots de Khmer et que je rêve d’aller faire du shopping a Promod…

J’suis sure qu’en plus, MPABDM, elle a même pas peur des cancrelats !

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Les gens débordés

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Une petite mise au point pour les gens qui pensent que je ne fais rien de ma vie : figurez-vous que je passe un temps fou à m’interroger sur ce que les autres font de la leur.

Franchement, je me demande ce que font ces gens qui passent leur temps à être dé-bor-dés ? (a part passer leur temps à dire qu’ils le sont).

Depuis que je suis entrée dans la vie « active », j’ai la désagréable impression d’être la seule au bureau a, parfois, – je précise sinon je vais encore passer pour la tire-au-flanc de service – lire mes emails (tous les matins en prenant ma 1ere tasse de thé), lire les actus (vers midi, en sirotant ma 6eme tasse de thé pour calmer mes gargouillis gastriques), écrire mon blog (en ce moment même), chercher de l’inspiration sur d’autres blogs (quand j’ai un petit creux), faire des trucs inutiles du style regarder très précisément au centime prés combien vaut mon salaire en euros (quand je suis très fatiguée), parler avec la France sur skype (de-ci, de-là), aller sur Facebook (entre 55 et 70 fois par jour).

Le plus drôle dans tout ca, c’est que tout le monde a l’air de croire que je me tue à la tache. Mes précédents supérieurs me trouvaient « Tres efficace », j’ai déjà eu des dizaines de fois le droit a « Déjà fini ? Mais tu es trop rapide ! ». Mieux, quand je demande un peu de travail supplémentaire, on m’a déjà répondu « Non mais ca, ca devrait te prendre la semaine ». J’avais pas ose répondre que j’avais déjà fini.

Tout ca pour dire que très franchement, j’ai du mal à croire ces gens qui prétendent qu’au bureau, ils ne font que travailler. Un jour une de mes collègues me prenait a partie : « Je ne comprends pas comment mes amis sur Facebook font pour poster autant d’articles. Certains en postent plus de 3 par jour ! Mais comment trouvent-ils le temps de faire ca ?! ». J’ai esquisse un sourire qui voulait dire «Euh ui c’est clair hihihi je sais pas » en me demandant : « Mais COMMENT font les gens qui ne font PAS ca, pour supporter de rester 8h la face scotchée a un écran présentant toutes les distractions du monde sans finalement avoir la cervelle qui explose? ». Bien sur, j’ai pas ose demande a ma collègue comment elle faisait pour pas avoir la cervelle qui explose. Je suis retournée poster des articles.

Et je me suis même mise à en écrire.

Pourtant je fais du bon boulot, j’ai même été embauchée dernièrement, c’est dire. Et ils voulaient vraiment me garder, c’est vrai ! J’ai pas eu recours a quelque moyen détourné pour en arriver la, je l’jure sur ma collection d’Harry Potter.

Suis-je d’une redoutable efficacité ? Ai-je une tendance regrettable à bâcler tout ce que j’entreprends dans la vie ? Vis-je en permanence dans une dimension parallèle ou le temps passe moins vite que dans le reste du monde ?

Non, je préfère me dire que les gens sont soit 1) Incroyablement lents 2) Extraordinairement désorganisés 3) Ridiculement perfectionnistes 4) En conflit avec leur conscience professionnelle et désespérément en recherche d’un semblant de reconnaissance parce qu’ils quittent le bureau 3h après tout le monde (pour aller checker leur compter facebook qu’ils n’ont pas consulte de la journée).

Non mais franchement les gens débordés, relax, faut se calmer. Moi j’ai deux essais a écrire pour jeudi prochain, un guide marketing a concevoir d’ici la fin de la semaine, des week-end a planifier, des cours a suivre, un mixeur a acheter, une machine-a-laver a réparer… et je suis en train d’écrire des articles pour mon blog.

Franchement, je vois pas ou est le problème.

Phnom Penh by night – Le Retour

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Un vendredi soir comme un autre à Phnom Penh.

Alors que tout la ville ne parle que de : 1) L’ouverture d’une nouvelle boite de nuit, le Cotton Club, et 2) Le passage au Pontoon du DJ Cut Killer, je me sens gagnée par une lassitude inter-cosmique-sidérale. La vérité est qu’après un retour  au Cambodge un peu difficile à la suite de 3 semaines de vacances en France et une semaine surchargée, j’ai autant envie de sortir que de regarder un documentaire sur la reproduction des langoustes.  Sur une échelle de 1 à 20, l’Ennui que m’inspire la simple perspective de mettre un orteil dans un bar s’élève à au moins 360.

Par ailleurs, alors que la grande majorité de mes amis passent la grande majorité de leurs soirées – semaine y compris –  à écumer tous les bars de la ville jusqu’à des heures indues et arrivent le lendemain matin à 8h au bureau frais comme des gardons (enfin, arrivent au bureau quoi), je suis pour ma part encore en train de me remettre de ma gueule de bois du Nouvel An.

Et en vérité, je n’ai aucune envie de prétendre être une fille sociable alors qu’en ce moment, 70 % de l’humanité ne m’inspire rien de plus que la non-envie de discuter avec eux. Et à force d’entendre les gens se répandre en auto-éloges sur leurs exploits de la semaine (avoir enchainé 8 heures de cuite et 8 heures de bureau, s’être réveillé avec des bleus partout sans avoir comment on les a attrapé, avoir perdu son pantalon dans un bar, avoir été saoul pendant 30 heures de suite, ne pas se souvenir d’une soirée sur 2 la semaine précédente, etc etc.), je commence à me dire que je ne vaux pas tripette au Grand Jeu des Jeunes d’Aujourd’hui qui consiste à combiner l’ingurgitation du plus grand nombre de litres d’alcool en tout genre avec un nombre minimal d’heures de sommeil.

Donc ce vendredi soir, j’ai envie de fuir très très loin de ma vie actuelle pour retourner dans celle que je menais quand j’avais 8 ans. Mais ça n’est pas possible alors je me dis que je peux toujours aller me cacher sous ma couette. Avant de me souvenir que je vis au Cambodge et que j’ai pas de couette.

Bref, cet article devait initialement s’appeler « L’asociale » et raconter comment j’avais fini la soirée à 22h, au fond de mon lit avec une camomille et un bouquin… J’aurais du me douter qu’il n’en serait rien.

Bon, obviously, personne n’était partant pour la soirée pyjama (remember : Cut Killer, Cotton Club) et comme, quand on est comme moi atteint d’une flemme surpuissante quand il s’agit de faire la fête, on passe pour un extra-terrestre aux yeux du commun des mortels, je me suis vue contrainte de me plier aux exigences sociales et me suis retrouvee à boire des bières dans un beer-garden.

Immanquablement, trois heures plus tard, j’atteris au Pontoon pour le sus-mentionné concert de Cut Killer. Immédiatement, je perds Antoine que je retrouve 10 minutes plus tard au pied de l’estrade, aussi excité que si c’était les frères Weasley qui étaient en train de mixer. Mon premier coloc me saute dessus et, pour une raison inconnue, tient absolument à ce que je lève les bras en l’air. J’essaye de lui expliquer qu’après 15 minutes dans cette boite sur-blindée ça n’est peut-être pas une si bonne idée. J’aperçois mon deuxième coloc qui, lui, lève les bras en l’air, comme font les djeuns dans une tentative d’exprimer aux DJs quelque chose du style « Ouaaaaiiiis mec, yoooo », sauf qu’il est tourné vers le public. Du coup son geste n’a plus aucun sens. Deux minutes plus tard, ils sont en train de rouler des pelles à toute la boite.

Bon, je dois avouer que la musique est sympa.

A ma droite, une collègue qui quand je lui demande comment se passe sa première soirée au Pontoon me glisse « Je pense que ça n’est pas la pire ». Je n’aurais su mieux le dire. A ma gauche, des jeunes hystériques sautent frénétiquement sur place. Derrière moi quelqu’un semble ne pas avoir mieux à faire de sa soirée que de m’écraser les pieds. Dans le fond, de vieux occidentaux tout pas beau sont en train de galocher leurs prostituées.

La société de Phnom Penh by night s’étale sous mes yeux dans toute sa splendeur et je me dis que finalement, au fond de mon lit en pyjama un vendredi soir à 22h, je me serai peut-être sentie un tout petit peu seule…

Donc Bref, j’suis allé en boite.