La Faille de la Rue 51

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Qu’on se le dise, à Phnom Penh, il se passe des choses étranges. Par exemple, il y a cette rue, la rue 51, qui est le siège d’un phénomène très curieux. Dans cette rue de la soif, soit dit en passant située a deux pas de mon bureau, se côtoient deux mondes parallèles, selon l’heure du jour ou de la nuit a laquelle on s’y trouve.

Dénuée de tout intérêt notoire le jour, cette rue longe quelques restaurants peu fréquentés, de vague établissements fermés par des grilles de fer, un centre commercial fantôme et voit passer sous le soleil piétons, cyclistes, motos et tuk-tuk.

La nuit, cet univers figé se transforme, s’anime, a en devenir méconnaissable. Les portails métalliques disparaissent et laissent apparaitre des comptoirs de bars envahis d’expats, de cambodgiens et de chopes de bières. Les trottoirs déserts se remplissent d’échoppes de vente de nourriture en tout genre, en vue de rassasier les nombreux clubbeurs qui s’écoulent en un flot ininterrompu des boites de nuit et qui finissent tous attablés, de la mayonnaise plein le nez. Des quadragénaires ventripotents déambulent en tenant par la taille leur prostituées longilignes. Des pochards s’échouent sur le pavé en attendant qu’on leur dise quoi faire et ou aller…

Bon, en revanche, il y a toujours des tuk-tuk.

J’ai commencé à m’intéresser à ce phénomène il y a environ deux mois, à la suite d’un événement qui a totalement bouleverse mon univers sensoriel.

Dans cette rue, il y a un endroit qu’on appelle La Place à Boire. C’est très populaire. Il s’agit d’un bout de trottoir meublé de chaises en plastique de 30 cm de haut, et qui accueille tous les vendredis et samedis soir une trentaine de noctambules en quête de breuvage bon-marché a la composition extrêmement douteuse… Il fut un temps, j’y passais au moins un soir par semaine (depuis j’ai arrêté, rapport aux sus-mentionné breuvages qui le lendemain me donnaient l’impression que ma famille au complet allait mourir des maux de tête).

(Bon là ça se voit pas trop parce que la vendeuse de nouille bouche la vue avec sa charrette mais vous pouvez me croire: c’est la méga bamboula là bas derrière).

Le jour ou l’événement s’est produit, je rentrais de ma pause déjeuner. J’étais avec mon collègue et remontait tranquillement la rue en question le nez en l’air lorsqu’il me lance : « Tiens regarde, c’est la Place à Boire ». Et la, j’ai tourné la tête et j’ai vu ca:

(oui)

Alors bien sûr; comme je suis une personne totalement chtarbée à rationnalité modérée j’ai d’abord cru à un bug cosmique et je suis restée comme ca :

…pendant 10 minutes.

Quand j’ai compris qu’il n’y avait pas de bug, et que j’ai réalisé que j’étais de facto cernée de toutes part par les établissements dans lesquels je me mets la misère tous les soirs bois quelques verres à l’occasion, je me suis dit : « On me la fais pas, il doit y avoir un truc… ».

Depuis j’y réfléchis régulièrement et j’en ai déjà conclu qu’il faut être dans un certain état d’ivresse et de noctambulisme pour voir ces établissements, autrement invisibles a l’œil nu a l’heure du déjeuner et de la sobriété… (c’est sûr)

Bien sûr, je n’ai pas encore de preuve tangible pour expliquer ma théorie mais j’y travaille et je ne perds pas espoir d’élucider un jour le mystère et de prouver à la face du monde que j’avais raison.

En attendant, voila quelques clichés qui vous permettront d’aller plus loin dans la compréhension du phénomène.

L’Absinthe de nuit

(Et ses adeptes de bières à 1 dollar)

L’Absinthe de jour

(Et son tuk-tuk rutilant)

Le Heart of Darkness de nuit

(Avec des gens très contents devant)

Le Heart of Darkness de jour

(Avec la table en plastique du videur de jour)

Le Pontoon de nuit

(Et en bonus, un homme en marcel ADIDAS)

Le Pontoon de jour

(Et en bonus, la camionnette bleue du livreur de bière – coucou monsieur le livreur)

Le Kebab de nuit

(Et ses belles chaises, assorties à l’enseigne).

Le Kebab de jour

(Avec un truc chelou (et toujours rose) devant)

Et enfin last but not least, le Raksmey Burger de nuit

(Et son échoppe)

Et le Raksmey Burger de jour!

(Sans son échoppe)

Franchement, si après ca vous ne partagez toujours pas ma croyance en La Faille de la Rue 51, j’en déduis que vous-même descendez tout droit d’une autre planète.

A bon entendeur…

"

      • en fait ton arti c’est pour dire que c’est VRAIMENT pas pareil le jour et la nuit en fait?

      • En effet!
        Nan mais bon je me doutais bien que les gens comprendraient pas parce qu’il faut le voir pour le croire. Mais a Phnom Penh tout le monde est d’accord: cette rue, ya un bug.

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