Archives Mensuelles: août 2012

CDI expatrié

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C’est vrai que je n’ai pas été bien active sur le blog ces derniers mois. Mais franchement, j’avais une bonne excuse : j’étais en dépression.

La vie d’expat, c’est beaucoup trop dur.

Ca vous en bouche un coin hein? C’est parce que vous, pauvres naïfs, vous croyez que la vie d’expat se résume a resto tous les midis, clubbing tous les soirs, iles paradisiaques tous les week-ends (ce pour quoi je ne vous blâme pas car cela traduit une lecture régulière et assidue de mon blog) (qui entre nous ne parle que de bouffe, de boites de nuit et de voyage).

Eh bien, DETROMPEZ-VOUS, la vie d’expat ca n’est pas ca (enfin, pas seulement). Je vais vous dire moi ce que c’est : une succession interminable d’adieux déchirants, voila ce que c’est la vie d’expat.

Donc ces derniers mois ont été DUR, je l’avoue, non pas parce que je suis allée voir des daubes au cinéma, mais parce qu’en un mois et demi, j’ai dit été forcée de dire Adieu a dix-huit deux-cent soixante douze personnes (oui j’ai tant d’amis que ça car je suis quelqu’un de particulièrement sympa figurez-vous) (LOL).

Quand on est expat, on rencontre des gens, on se bourre la gueule (oui, en général ca passe souvent par la – sorry about that), on rigole, on devient potes, on a des discussions très sérieuses – sur, par exemple, la mort de Fred dans le dernier Harry Potter (tous les expats de Phnom Penh me prennent pour une folle depuis que je leur ai dit après 3 vodka-pomme que ma vie n’avait plus de sens depuis lors)(alors que c’est la vérité !) ou encore Keynes est-il plus libéral qu’Adam Smith ? (true story) –, on se bourre la gueule, on rigole, on devient amis, on sort au resto, on passe des après-midi a jouer a la belote en buvant du pastis (j’ai que des amis français parce que je ne parle anglais qu’au travail, c’est un principe auquel je tiens), on va au cinéma, on part en week-end, on se bourre la gueule, on rigole, on devient très très amis, on se voit tous les jours, on va au Pontoon, on fait des gouters d’anniversaire, on va a la piscine, on se bourre la gueule, on rigole…

Et puis soudain, c’est l’été, les grandes vacances approchent : la France, son climat idéal, ses tentations culinaires, la famille, ou parfois, de stupides obligations professionnelles, vous rappellent a l’ordre. C’est alors que tous les expats en CDD de Phnom Penh se disent : BON, c’était sympa, on s’est bien bourré la gueule, on a bien rigolé mais le Tiers-Monde, c’est terminé. SO LONG my friends, hastalavista byebye.

Et la, vous, pauvre expat en CDI, vous les regardez partir et vous ne rigolez plus du tout (non, par contre vous pleurez, genre, beaucoup).

Vous vous souvenez quand je vous avez raconté que je vivais avec un certain nombre de garçons (CINQ – oui). Eh ben au jour d’aujourd’hui il en reste… un. UN.

Le PIRE dans tout cela c’est que j’ai par conséquent perdu une quantité considérable de lecteurs qui, une fois rentrés dans la civilisation et ayant retrouvé les copains, le fromage, le vin rouge, le ciné sans la clim a moins 15 degrés, Paris, Bordeaux, Lille, la Bretagne, la Cote Basque, Barcelone, Munich… auront très certainement autre chose à foutre que de lire mes histoires de Tiers-Monde.

Enfin voila, la bonne nouvelle dans tout ca c’est que moi je rentre en France dans quatre mois et demi (…), si mon boss schleu est d’accord (ce qui n’est pas forcément gagné).

Bref, heureusement que ma sœur arrive demain! (et CA c’est une putain de bonne nouvelle, surtout qu’elle me ramène des rillettes !!!).

Bisous les expats en CDD et bon vent. Je vous aime (revenez).

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The Dark Knight

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Ce week-end j’ai eu la mauvaise idée d’aller voir Batman 3 au cinéma.

En soi, c’était déjà plutot mal parti parce que, autant j’étais assez fan du dessin animé qui passait le samedi matin sur France 3 quand j’avais 12 ans, autant le film en question avait plutot l’air de relever du bon blockbuster hollywoodien, impliquant un scénario fort tarabiscoté, une démesure d’effets spéciaux, des personnages bien énervants qui se prennent très au sérieux (en froncant les sourcils a outrance), de la musique déchirante, de grands moments dramatique avec des dialogues poignants (« Oh Bruce… »)  et en prime Anne Hathaway (je déteste Anne Hathaway) (surtout quand elle met du rouge a levre) et Marion Cotillard (je déteste Marion Cotillard) (surtout dans les films américains).

En gros, pas spécialement mon truc (non, moi je suis plutôt dessins animés de chez Pixar et long-métrages d’Almodovar). Mais bon, quand on vit dans le Tiers-Monde, on fait pas trop la difficile en matière de choix cinématographiques, on prend ce qu’il y a.

On arrive donc, équipés de nos gobelets de soda et de nos cornets  de pop-corn (pas moi, je suis au régime), on s’installe, le film commence, et là, out of no where, un vent glacial se met à souffler dans mon cou, en mode J’espère que vous avez prévu le col roulé les gars parce que cet aprem, la clim, c’est blizzard pour tout le monde.

Au bout de dix minutes je claquais des dents. J’ai la présence d’esprit de demander l’avis de mon voisin et de ma voisine sur la question – avis purement objectifs dans la mesure ou il s’agissait respectivement de mon mec et de sa sœur – avant de me dire qu’il serait peut-être pas mal que j’aille demander qu’ils se calment un peu au niveau de l’A/C.

Pour etre honnete, au début je n’avais vraiment pas l’intention de faire ma relou de base. Je suis descendu en dégainant mon plus beau sourire de faux-cul et j’ai demandé à Chan-je-surveille-la-porte-d’entrée s’il ne pouvait pas régler une température décente pour la salle. Réponse : Yesyes, sorrysorry.

Dix minutes plus tard, la température avait encore baissé et je commençais à ne plus sentir mes extrêmités. Comme j’avais vraiment la flemme de redescendre, j’ai demandé à mon mec de le faire (en général il m’obéit cède à mes caprices parce qu’il est très sympa). Il y est donc allé a son tour et a brandi la menace que On allait pas se gener pour quitter la seance s’ils ne montaient pas la température (ce dont ils n’avaient probablement rien à foutre puisqu’on avait déjà payé nos billets bien entendu). Il est revenu très content de lui et, vous vous en doutez, dix minutes plus tard, on se pelait toujours autant les fesses.

C’est à ce moment que j’ai décidé qu’il était PLUS QUE TEMPS de passer en mode Grosse Connasse. Je suis allée voir Sok-je-fais-semblant-de-servir-à-quelque-chose-en-parlant-dans-mon-tokiwoki parce que tout ce que Chan réussissait à faire c’était me répéter Sorrysorry avec un sourire jusqu’aux oreilles (ce qui ne qui donnait pas l’air Sorry du tout).

J’ai demandé s’ils étaient en train de préparer un remake de Titanic version cambodgienne. Sok m’a dit Oui on a demandé en bas qu’ils baissent la clim ya 20 minutes, maintenant il faut attendre. J’ai dit Ok dans ce cas j’attends à l’entrée de la salle que la température remonte, je retourne pas dans votre putain de congélateur! Sok m’a dit C’est dommage vous allez rater le film et c’est un bon film, j’ai dit Spa grave, de toutes façons je comprends rien (obnubilée que je suis par ma chair de poule) (et le rouge a levre d’Anne Hathaway).

Au final, j’ai fini par m’asseoir par terre au pied des gradins, là ou il faisait une température a peu pres supportable (environ 12 degrés), dans tous les cas plus élevée que celle de la salle (qui devait avoisiner le 0).

Les employés du cinéma avaient l’air bien embêtés par mon cas, à tel point que Chan et Sok sont tous les 2 venus me proposer de me prêter leur veste. J’ai dit Ca ira merci bien, l’air de dire que ca allait pas aller du tout. Sok m’a proposé d’aller me chercher une couverture. J’ai dit WHAT, ya des couvertures ici ? Il a dit Non. Mais on peut trouver. Ca sentait le plan foireux, j’ai décliné l’offre (entre nous je crois que je serais toujours en train de l’attendre mon plaid…).

Au final, Kong-c’est-moi-le-boss s’est pointé (je l’ai reconnu tout de suite parce qu’il portait des lunettes) pour me demander s’il pouvait faire quelque chose pour moi (oui, BAISSER CETTE PUTAIN DE CLIM MERDE !!) (mais comme ses deux subalternes n’avaient déjà pas compris j’ai pas eu le courage de répèter) et pour me donner une bouteille d’eau chaude pour m’aider à lutter contre le froid (LOL, merci mec).

Bon, comme vous vous en doutez, j’ai pas excessivement apprécié le film. J’avoue, c’était un peu triste quand à la fin Batman il meurt en sauvant le monde (**LE GROS SPOIL DE CONNASSE !!!**) et quand le vieux Alfred il pleure sur sa tombe en disant des trucs du genre Vous m’avez confiance et j’ai échoué, Pardon Monsieur Wayne, Snif avec la belle musique bien pathos dans le fond. Mais c’est ce moment qu’a choisi Chan pour venir me demander mon numéro de téléphone et me dire que la prochaine fois que je reviendrez, j’aurais une place gratuite.

Je lui ai donc laissé mon 078 mais tout en lui précisant avec mon plus bel air de pétasse que S’ils continuait comme ça avec la clim, j’allais jamais revenir de toutes façons HEIN. Il m’a encore dit Yesyessorry et après le film était fini et j’avais pas compris pourquoi Batman mourrait pas AU FINAL.

Bref, je suis allée au cinéma.