Moment de Grâce

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Dans l’agitation frénétique de ma vie Phnom Penhoise, il y a ce moment de la semaine qui m’est tout particulièrement précieux…

Il s’agit de ces quelques heures qui séparent le moment ou je quitte mon bureau le vendredi soir et celui ou je prends mon premier verre de la soirée, ouvrant la voie à la folie de mes weekends et a leur cycle délicieusement infernal d’ivresse et de petites agonies.

Entre ces deux moments, il y a une espèce de vide, de creux, de blanc. D’instants suspendus entre deux vies, hors-champ, hors-temps, a la durée incertaine… Tous les vendredis a la fin de l’après-midi, lorsque j’éteins mon ordinateur, que je déconnecte, que je descends les escaliers de mon bureau, que j’enfourche mon vélo et que je pédale vers les aventures qui m’attendent, je sens ce sentiment de liberté. Derrière moi les contraintes professionnelles, les prises de tête, les collègues, les pénibles levers a 7h du matin. Envolés Outlook, Skype et les pages facebook. Oubliés les retroplannings, le développement produit et les nouveaux menus des restos. Effacés l’affairement de mes soirées de semaine, qu’elles soient théâtrales, sportives, culinaires ou festives.

Apres il faudra sortir, boire des verres et des verres, passer une énième soirée rocambolesque, traverser des rebondissements, prendre des tuk-tuk, aller de bars en bars, faire des rencontres, boire encore, danser, rire, s’enivrer, s’oublier, se perdre… Et le lendemain, il faudra se réveiller. Affronter la bouche pâteuse, la tête en vrac, les souvenirs brumeux. Assumer sa confusion et sa honte, parfois, des égarements de la veille. Rire encore des situations désopilantes provoquées par l’ébriété. Remettre pour la 58eme fois à plus tard sa todolist du week-end. Trainer sa gueule de bois au bord d’une piscine. Débriefer avec ses compagnons de noctambulisme. Se promettre qu’on ne remettra pas ca de si tôt… et tout recommencer le soir même.

Mais entre les deux, il y a cet instant, cet espace, cet entre-deux de calme, d’apaisement et de quiétude. Le creux de la vague. La trêve. L’œil du cyclone au cœur des deux tempêtes.

Pendant ces quelques heures ou rien ne me coute, je peux faire les tas de trucs ennuyeux que je passe mes semaines et mes week-ends à procrastiner avec toujours une bonne excuse. Je peux aussi lire, écrire, faire la sieste, trainer avec mes colocs ou mon amoureux, me promener. Ou je peux, tout simplement, jouir du rien. Ne penser qu’aux nouvelles surprises que me réservent le week-end, et l’avenir…

Ces heures n’appartiennent qu’a moi et pour rien au monde je n’y renoncerais. Semaines après semaines, elles me font penser que si j’ai a ce point besoin de ces instants de néant, c’est que la vie par ailleurs comble déjà mon appétit pour l’agitation et étanche ma soif d’effervescence.

Cela me laisse sur la langue un agréable gout de plénitude…

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