Archives de Catégorie: La poche de La Bouffe

Dedans celle-là je détaille mes expériences culinaires

En parlant de lasagnes…

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En ce moment en France (ne croyez pas que je ne suis pas au fait de l’actu parce que je vis dans le Tiers-Monde, ici AUSSI nous avons Internet), on ne parle plus que d’une chose : lasagnes au cheval, lasagnes au cheval, lasagnes au cheval. Cette putain de viande de cheval, elle commence par me sortir par les trous de nez comme du hachoir a la boucherie (je vous laisse un moment pour enjoyer cette image).

Pour être très franche, ca me fait doucement marrer cet espèce de bataillon de vierges effarouchées qui agissent comme si on ne savait pas encore, depuis des décennies, la merde que nous vendent les industriels et comme si, d’ailleurs, on en avait quelque chose a foutre. Est-ce que les gens sont VRAIMENT débiles au point d’être intimement persuadés que les lasagnes Findus étaient faites à partir de viande de bœuf du boucher du coin, avec des tomates bio de l’AMAP du quartier ?!

NAN MAIS SERIEUX.

Apres les scandales de la farine animale, de la vache folle, de la grippe aviaire, de la fièvre aphteuse, du lait en poudre a la mélanine, de la bactérie E.coli, du mec qui crève d’une overdose de vomi chez Quick, du poulet a la dioxine… est-ce que les gens vont enfin réaliser un jour que la seule manière de bouffer correctement, c’est d’acheter un cabas et un tablier, de bouger son cul pour aller acheter des produits frais et de les cuisiner soi-même, et arrêter de s’offusquer et de crier a l’infamie et a l’esclandre quand ils apprennent qu’ils ont mangé du caca de cheval au lieu du caca de vache comme prévu.

Excusez-moi mais… c’est la même merde!

Bref, en bonus de cet article : la recette des lasagnes, telle que je la tiens de ma grand-mère marmiton.org

Ok, ca prend 45 minutes et ca coute un peu plus que 3.50 euros mais c’est vraiment beaucoup mieux bien ranké sur les échelles de la santé hygiénique, du gout gastronomique et de la raison intelligente.

A vos tabliers !

PS : en attendant d’aller faire votre béchamel, vous pouvez toujours loler un peu sur ces images (perso, j’ai une grosse préférence pour la 2eme)

Beef Chevalol Le-drame-Findus Martine

PS 2 : s’il vous plait laissez-moi quand-même boire des whisky-coca-light a l’aspartam ce week-end car je suis au régime (et aussi manger des Raksmey burgers, merci).

Les Cambodgiens et la gastronomie, c’est pas facile tous les jours

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J’ai déjà evoqué sur ce blog mes problèmes avec le mode d’alimentation cambogien.

Je sais pas si c’est la pauvreté ou un quelconque élément lié a leur sous-developement qui les poussent à bouffer l’integralité de tout ce qui se trouve dans un poulet (bec y compris), un bœuf (pénis y compris) ou un cafard (cafard y compris), ou si c’est juste qu’ils kiffent. Dans tous les cas, toutes ces bonnes petites choses, moi ça continue à ne m’inspirer rien de moins que ça :

(oui vous avez bien reconnu Vomito, le pote de Titeuf).

Bref. L’étendue de la gastronomie cambodgien ne s’arrête – hélas – pas la.

Par exemple, un jour, j’ai mangé une pizza. Je sais, ça a l’air assez banal comme expérience, on pourrait se demander pourquoi je prend la peine de le raconter sur ce blog. Sauf que ce que vous ne savez pas, c’est que la conception cambodgienne d’une « pizza » n’est pas exactement la même que la notre. C’est à dire que ce que les Cambodgiens croient être une pizza, ça ressemble à ça:

Alors là vous ne voyez peut-être pas bien sur cette photo, mais sachez que cette pizza, basiquement aux fruits de mer, est en fait une pizza… au surimi!

Quand a la pizza a la viande, elle est également basiquement à la viande, c’est-à-dire à rien d’autre que de la viande:

Elle a littéralement 4 couches de charcuterie, reconstituée sûrement d’ailleurs a partir de pénis de taureau et de bec de poulet, et en bonus – vous ne pouvez pas le voir sur la photo mais je vous le livre en exclusivité – une saucisse kabi, subrepticement nichée dans la croute! (là ou, dans les pays civilisés, on met du fromage, comme tout le monde).

On est jamais au bout de ses surprises!

Autre aventure culinaire, pas plus tard que ce midi.

On voulait aller manger un burger avec mes copains parce que hier on est alles en boite (oui, un jeudi, c’était une mauvaise idée) et que donc on avait un peu la gueule de bois et que le burger, c’est bien connu, est le remède universel contre la gueule de bois (moi j’avais pas trop la GDB heureusement parce que hier j’étais un peu en mode princesse mais bon j’aime quand-même bien les burgers). Pour les burgers lovers, Phnom Penh c’est un peu The Place To Be, tous les restos ou presque fabriquent des merveilles d’inventivité burgerienne, avec du vrai pain, de la vraie viande, des vrais légumes, de la vraie mayo et tout a faire palir… ben pas grand monde en fait parce que la seul alternative aux restaurants-à-burgers-de-Phnom-Penh, c’est Mac Do et Burger King, et Mac Do et Burger King, c’est pas bon (oui, même Burger King et je l’assume, même si je dois me faire traîner à la potence pour ça). Wallah!

Bref donc on était super enthousiastes à l’idée d’aller manger cet énième burger qui vaudrait presque une bonne tartiflette, quand soudain vlatipa que le collègue Cambodgien de mes copains s’en mêle et veut les emmener dans cet-endroit-très-bien-ou-ya-plein-de-sortes-de-burger-et-tout.

Quand j’ai entendu ça j’ai senti la panique monter en moi mais… je n’ai rien dit.

Et la il nous a emmené dans le fast-food le plus craignos de l’univers ou en fait 1. Y avait pas de burgers mais des sandwichs dégueulasses dans du pain improbable avec de la viande sans doute avariée et des sauces aux produits chimiques et 2. Ça m’inspirait tellement pas que je me suis rabattu sur des spaghettis (c’est vous dire) et que yen avait presque pas (de spaghettis) et que la sauce était pas très bonne.

Mais l’endroit était genre trop full de cambodgiens qui kiffaient trop leur life en mode je-mange-des-burgers-donc-je-suis-trop-comme-les-Américains-peuple-extraordinaire-auquel-je-veux-absolument-ressembler-surtout-depuis-qu’ils-ont-inventé-Steve-Jobs.

Bon donc bien sûr quand le collègue de mes copains – qui au passage était un être absolument adorable – a demandé avec des yeux plein d’espoir si ces burgers étaient bons par rapport à ceux qu’on mangeait d’habitude, j’ai pas pu m’empêcher de dire la vérité: « Non, c’est pas bon ».

Mais attention, je lui ai sorti des arguments rationnels, j’ai joué la carte de la nutrition et tout. Après qu’il m’ait dit que les cambodgiens s’en foutait un peu de la nutrition, on a quand-même essayé de le convaincre, lui, qu’il existait des centaines d’endroits all over Phnom Penh, qui vendaient autre chose que du carton-pâte avec la vague chair d’un animal inconnu au bataillon à l’intérieur…

Résultat, il a accepté d’aller manger un vrai burger avec nous la semaine prochaine.

Ouf, au moins un de sauvé!

En tête a tête avec mon loc-lac…

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Ce midi j’ai mangé… seule. Et j’en fais tout un plat.

C’est tellement une expérience inédite doublé d’un exploit surhumain pour moi que je ne peux pas ne pas en faire part à mes lecteurs…

Je sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, manger seul – surtout quand t’as une cinquantaine de collègues et quelques potes dans le coin – c’est un peu le summum de la loose suprême et international. Déjà, t’es seul, ce qui en soi est déjà suffisamment pénible, mais en plus tu MANGES, et dans ces moments gastronomiques censés être des instants de communion ultime avec tes pairs, non, toi tu es seul et tu ne communie avec rien d’autre que ton bol de riz. En plus tu te coltines les regards en coin des gens-pas-seuls et de leurs compagnons de tablée qui en disent long, genre « Min mais regarde-la celle la, elle mange SEULE ».

Non c’est insupportable.

Bref donc tous les midis c’est un peu la lutte pour réussir a pas manger seule. En général j’ai un certain nombre de plans de secours qui me font rarement défaut. Mais ce midi, rien. Après avoir exploré toutes les potentialités qui s’offrait a moi en matière de repas communautaire, et après que la collègue qui représentait mon ultime salut m’ait congédié d’une petite voix par un « Ah désolé ce midi je mange avec unetelle » – sous-entendu tu n’es pas invitée on va parler boulot – j’ai bien du me rendre a l’insoutenable évidence : j’étais seule pour manger. J’ai bien pense a une dernière solution désespérée : sauter le repas. Mais ca, ca n’était vraiment pas envisageable, principalement en raison de mon appétit gargantuesque et insatiable.

Mortifiée mais résolue, je prends donc mon courage a deux mains, descends bravement les trois étages qui me séparent du rez-de-chaussée et m’élance dans la rue la tete haute, un rictus peu convaincant sur les lèvres, essayant désespérément de me donner l’air dégagé de celle qui assume to-ta-le-ment sa solitude a l’heure du déjeuner alors que je tremble de tous mes membres a l’idée d’affronter un tete a tete avec mon assiette.

Apres une seconde d’hésitation, je me dirige vers ce restaurant cambodgien installé sur un bout de trottoir que j’affectionne et qui présente, particulièrement aujourd’hui, quelques intérêts stratégiques : accessible a pied mais situé suffisamment loin du bureau pour éviter d’y croiser des collègues, il me permet, de surcroit, de me donner une image de fille cool, totalement intégrée dans l’univers cambodgien et suffisamment a l’aise pour aller manger dans des boui-bouis locaux. En plus, la bouffe est bonne et pas chère.

Une fois attablée, je sors mon téléphone portable et me met à pianoter fiévreusement pour faire genre « Nan-nan mais j’ai plein d’amis faut pas croire, d’ailleurs ils sont tous en train de m’envoyer des textos pour savoir ou je mange mais j’avais envie de prendre l’air, de me fondre dans la masse cambodgienne tu vois, de prendre de la distance avec toute cette pression sociale du monde des expats… ». Un peu en mode MPABDM quoi. Mais faut pas se leurrer, au fond je sens mes entrailles jouer de la castagnette et j’affiche un air de condamné au bagne.

La serveuse me sert mon loc-lac – sorte de spécialité anglaise, a ce qu’on m’a dit, qui, pour une raison inconnue, est devenu un plat cambodgien très populaire. Et la… il se passe un truc de fou. La bouffe est TROP bonne. Je veux dire genre 10 fois meilleure que quand je viens avec des collègues. Le bœuf est tendre, le riz parfumé, les oignons croquants… Alors que c’est exactement le même loc-lac que je commande au même endroit trois fois par semaine. Mes entrailles se délectent, je perds mon air de chien battu et dévore mon plat en trois coups de cuillère. Même la soupe un peu dégueue qu’ils servent a la fin a un petit gout de triomphe…

Sur le chemin du retour, j’ai l’impression d’avoir des coussinets d’air sous mes havaianas qui me font sautiller à chaque pas. Mon air nonchalant et mon sourire ne sont plus feints. J’ai gagné, j’ai réussi à manger seule et en plus, c’était bien !

Je me sens pousser des ailes. Allez, prochaine étape : manger seule dans un endroit bondé d’expatriés tous copains !!…

Euh enfin non en fait, on va en rester la… C’est déjà pas mal.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les endives

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L’endive, également appelé « Chicon » en Belgique et dans le Nord de la France, a la particularité d’avoir été « inventée » vers 1830. Elle n’existe en effet pas à l’état naturel et est le produit d’une technique de forçage mise au point vers le milieu du XIXe siècle.

La légende raconte que pendant les jours troublés de la Révolution de septembre 1830, l’agriculteur schaerbeekois Jan Lammers déserta sa ferme. Lorsqu’il revint, il constata non sans étonnement que les racines de chicorée qui se trouvaient dans la cave et qu’il avait recouvertes d’une couche de terre avaient donné des feuilles blanches. Il décida d’y goûter et trouva cela bon.

Le chicon était né.

Ce légume qui connait aujourd’hui le succès planétaire que l’on sait fait grimacer les enfants par son amertume et s’insurger les puristes contre ceux qui osent y rajouter du sucre pour en atténuer le gout et détruire ainsi – selon leur humble point de vue – tout l’intérêt de cet astéracée.

Il importe d’observer que c’est « un des rares légumes à contenir du sélénium en quantité importante (0,013 mg/100g), oligo-élément aujourd’hui recherché pour ses vertus antioxydants ». Paroles de docteur Dukan, dont les bienfaits nutritifs sont mondialement reconnus.

Qu’a cela ne tienne ! Délicieuse en salade accompagnée de cubes de pommes, de cerneaux de noix, de morceaux de roquefort, idéale cuite a la vapeur ou a l’étouffée pour accompagner viande ou poisson, savoureuse nappée d’une sauce légère et légèrement gratinée, l’endive se prête a de nombreuses variations et la richesse des possibilités culinaires qu’elle offre est trop souvent oubliée.

Pour finir, je vous livre la recette des chicons au gratin (plus communément appelés « Endives a la béchamel ») héritée de mon arrière Grand Tante Ernestine et qui se transmet de générations en générations en Flandre du Nord:

  • Prenez huit beaux chicons et faites les braiser à couvert pendant 15 minutes dans 50 grammes de beurre jusqu’à ce qu’ils caramélisent légèrement
  • Egouttez les chicons pendant 30 minutes
  • Retirez la couenne de 8 tranches de jambon
  • Roulez chaque chicon dans une tranche de jambon et disposez-les dans un plat à gratiner
  • Versez la sauce béchamel sur toutes les roulades
  • Enfournez le plat dans un four préalablement chauffé à 210 ° et laissez cuire pendant 20 minutes
  • Ajoutez le reste du gruyère râpé sur le plat après 10 minutes de cuisson et laissez colorer

(Pour la recette de la béchamel, c’est ici. Petit tuyau : c’est encore meilleur si on la fait avec le jus de cuisson des endives!)

Bon appétit !

Chers amis, vous l’aurez compris, je suis en panne d’inspiration. Alors en attendant, parler chicons, c’est toujours mieux que rien du tout.

A bientôt.

Abat-et-moi!

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Au Cambodge, on fait souvent face a des surprises culinaires diverses et varies, bonnes ou mauvaises.

Par exemple, sans vouloir avoir l’air de faire preuve d’hyper-corporatisme, quand on va manger Khmer a Romdeng, le restaurant de formation géré par Friends, on est rarement déçus, même quand on commande, disons, des tarentules grillées. Oui oui.

D’autres expériences peuvent s’avérer moins concluantes. Comme la noodle soup sur un bout de trottoir par exemple. Ou le riz frit au coin de la rue dont chaque grain est enrobe d’une couche de graisse aussi épaisse que le grain lui-même. Ou le sac de cafards frits. Mais il y a un truc qui pulvérise tous les records en matière de répugnance alimentaire : les abats.

Au Cambodge, on ne fait pas vraiment la différence entre la vraie viande et la fausse viande, celle avec laquelle, dans les pays civilises, on fabrique des boulettes pour chat – ou des knackis. Une cuisse, un foie, une pate ou un cerveau de poulet, c’est du pareil au même dans l’esprit du khmer moyen. Je ne suis pas une grande carnivore a la base (j’aime même pas le steak hache sauf en bolognaise, c’est dire) et j’ai récemment arrêté les saucisses de Strasbourg, donc forcement quand au lieu de me servir du muscle, la seule partie que je mangerai jamais chez un animal, on me sert un organe qui sert a produire des excréments, accompagne d’une boite crânienne, ca m’irrite.

Ce qui donne parfois lieu a des incidents gastronomiques, qu’on mettra sur le dos du choc des civilisations.

Par exemple, si vous avez lu mon article sur mon retour de vacances, vous avez surement compris que ca n’a pas vraiment été une partie de rigolade. Trempée jusqu’aux os, au bord de la luxation pulmonaire et en état de névrose post-traumatisme-moto-branlante-et-chaussée-glissante je me raccroche désespérément au réconfort qu’est censée m’apporter mon assiette de poulet grille. Et la, on nous sert… une délicate poêlée d’os et de viscères avec sur le dessus, telle une cerise sur son gâteau, deux pates de poulet, avec les griffes et tout.

J’explose. Littéralement. Je bafoue sans vergogne tous les codes psycho-socio-culturels du Cambodge en allant engueuler vertement le serveur, la cuisinière et toute la clique. Je leur montre mon ventre, je leur montre mes pieds dans une tentative désespérée de leur faire comprendre que non, moi je ne mange pas de ce pain la et que je veux de la cuisse, de la vraie, merde !

Bon 15 minutes plus tard, j’ai bien obtenu ma cuisse et une centaine d’autres petites attentions annexes et je me retrouve a présenter piteusement mes plus plates excuses aux victimes de ma tonitruance. N’empêche, les entrailles c’est toujours pas mon truc.

Hier soir je rentre chez moi. Mon coloc a invite ses amis khmers, ils sont allés acheter de la viande cuisinée et nous invitent à les rejoindre sur la terrasse pour partager leur diner. Je me saisie d’un morceau a l’aspect fort peu ragoutant. Regard interrogatif jeté à l’un des invites. Il me montre son ventre. Je repose le morceau, pas convaincue. Je tente ma chance une seconde fois en arborant ce qui s’avère être… une oreille de vache ! Je décide de me rabattre sur les trois tranches de concombre pendant que les Cambodgiens engloutissent goulument langue, groin, pis et je ne sais quelles autres horreurs.

Le fossé interculturel France – Cambodge est-il si large qu’ici les tournedos et les sot-l’y-laisse finissent en pate pour chien ? Honnêtement je m’interroge…