Archives de Catégorie: La poche de l’Aventure

Parce que des fois, je pars en vacances aussi!

Bali

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Ya deux semaines, j’étais a Bali. Mais en vérité je ne suis pas particulièrement inspirée pour faire un article sur la question (a vrai dire je ne suis pas inspirée pour grand-chose en ce moment, surtout en ce qui concerne le Travail a hauts rendements).

C’est vraiment dommage car j’aurais pu faire un très bon article sur la beauté des rizières verdoyantes, les massifs coralliens remplis de poissons multicolores, l’ambiance des temples empreints de spiritualité, le lever du soleil sur le volcan Batur a 6h du matin, le charme et la gentillesse des habitants de cette ile…

Mais bon, tout ce que j’ai vraiment envie de vous raconter sur Bali, c’est comment mon coloc a brillamment échoué a remplir son objectif des vacances, a savoir organiser une partouze entre tous les compagnons de voyage.

(Vraiment les jeunes de nos jours ont de drôles d’idées).

Mais j’imagine que cela ne vous intéresse pas trop alors tant pis. C’était juste histoire de se la raconter un peu sur le Web International.

(Allez je vous laisse quand-meme loler un brin sur cette image de moi faisant du surf. La j’etais sur le point de me mettre debout sur ma planche pour faire la mariole dans les vagues comme les Australiens bodybuildés avec des cheveux blonds bouclés et des tribals dans le dos) (LOL)

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J’ai testé pour vous: Sortir en compensés et poum-poum short (ou Comment foirer sa soirée avec classe)

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Mesdemoiselles je m’apprête a vous dévoiler LA technique du foirage de soirée stylé, testée par la maison et garantie 100% réussite. Ne me remerciez pas.

Tout cette histoire commence il y a quelques semaines, quand je décide que je suis résolument une personne beaucoup trop terre-à-terre et que j’ai besoin de prendre un peu de hauteur. Je me rends donc dans ce merveilleux magasin de chaussures ou il est possible de se faire faire des souliers sur mesure du modèle de son choix (c’est ça de vivre dans le Tiers-Monde, ya encore des gens qui ont un Vrai Travail comme fabriquant de chaussures, ils sont pas tous Trader ou Chargé de Marketing et s’achètent pas leurs godasses sur Sarenza.com). Lasse de traîner en tongs Angry-Bird backpacker-style, j’ai donc fait l’acquisition d’une paire de chaussure de type haute (très haute).

En dépit des réactions mitigées de mon entourage – mon prof de théâtre m’a dit que j’étais bonne (mais il est gay) et mon collègue m’a dit que je ressemblais a une Drag Queen (il est gay aussi d’ailleurs – ya peut-être un sujet a creuser sur l’intérêt des gays pour les talons compensés…) –, j’ai décidé de les porter pour sortir vendredi soir, même si la soirée était bien partie pour impliquer quelques heures de déhanchements sur le dance floor du Pontoon. Et pour compléter ma panoplie de pétasse, j’ai enfilé un short d’une hauteur sensiblement très proche de celle de mes talons (ca va, j’ai des grosses cuisses mais j’assume).

Bon, pour être parfaitement honnête, l’enthousiasme pour ma tenue vestimentaire n’a pas vraiment fait long feu. Tout d’abord parce que, quand je suis arrivée sur le bateau (oui c’était une soirée sur un bateau, c’est AUSSI ça de vivre dans le Tiers Monde: on peut faire des trucs de riches), la plupart des garçons m’ont regardé noir. Entre nous je les comprends, un certain nombre d’entre eux sont déjà plus petits que moi en temps normal (et eux ne peuvent pas mettre de talons sinon on les prendrait pour des ladyboys…). Les filles aussi d’ailleurs étaient plus petites que moi. En fait j’avais l’impression que la seule chose que les gens voyaient de moi, c’était justement mes grosses cuisses.

Bref, j’en ai vite eu marre d’avoir l’impression de trop me faire remarquer du haut de mes 1.80m – parce que se faire remarquer, ça n’est pas du tout mon genre comme vous verrez par la suite – et en plus, j’avais mal aux pieds. Je me suis donc dit qu’il fallait vite trouver une issue de secours pour mettre fin à cette soirée de la manière la plus discrète et classe que possible…

Alors les filles, notez bien car je le répéterai pas deux fois, si vous vous retrouvez dans cette situation, voila ce qu’il vous reste à faire :

1)      Commencez par boire plein d’alcools différents le plus vite possible. Ma recommandation est d’alterner Vodka-Orange, Pastis et Rhum-Coca. Le petit plus : n’avoir dans le ventre qu’une maigre salade de haricots verts et avoir quelques heures de sommeil à rattraper. La, vous ne pouvez pas vous rater.

2)      Essayez d’attendre la fin de la croisière avant d’entreprendre toute action stupide a l’issue fatale (une chute dans le Mékong ca pardonne pas) mais lorsque vous rejoignez la terre « « « ferme » » » , empressez-vous de vous finir dans un bar a coup de cocktails (si possible un bar cher ou vous dépenserez toute la thune qui vous reste). Si vous êtes avec des gens rigolos censés, ils vous payeront des jus d’ananas a la place de la pina colada requise mais dans l’état ou vous êtes, croyez moi, vous n’y verrez que du feu.

3)      Au passage, arrangez vous pour oublier toute cette partie de la soirée (les gens vous raconteront suffisamment par la suite comment vous avez failli vous rétamer 8 fois sur le dance floor et toute la merde que vous leur avez raconté pendant des heures…)

4)      Commandez-vous un dernier verre et sortez le boire en terrasse pour entamer votre dernier move de cette soirée de la Classe Internationale : vous étaler sur une table, renverser l’intégralité de votre cocktails à 4 dollars (!) et exploser votre verre en mille morceaux par terre

5)      Enfin, tentez de retourner dans le bar et faites vous refouler par les videurs qui vous prennent désormais pour une grosse ivrogne doublée d’une demeurée

Il ne vous reste plus qu’a rentrer chez vous, vous avez brillamment foiré votre soirée, félicitations ! Un dernier conseil : prenez un tuk-tuk ou enlevez vos chaussures si vous voulez marcher car à ce stade, vous ne tenez plus trop debout sur vos talons.

SERIOUSLY, you’re welcome.

Je sais, c’est dur d’être une débauchée femme.

Phnom Penh: I’m back

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En ce qui concerne mon retour en France, on ne peut vraiment pas dire que les choses se soient mal passées. Grosso modo, j’ai passé le plus clair de mon temps à kiffer ma life. Et puis le reste du temps, j’ai mis tout le soin du monde à prendre trois kilos en me goinfrant à toute heure et à me payer de bonnes tranches de LOL avec les copains.

Bref, c’était cool. J’ai cru que j’allais mourir de chagrin (true story) quand j’ai du dire au revoir à tout le monde mais c’était cool.

En ce qui concerne mon retour au Cambodge par contre, c’est une autre histoire (comme quoi on vit vraiment dangereusement dans le Tiers Monde).

Apres un voyage tout a fait respectable a bord de la compagnie aérienne Gangnam Style (LOL, c’était Korean Air), j’ai enfin posé mon pied sur le sol cambodgien. Je n’avais pas fait 30 minutes a bord d’un tuk-tuk en direction de mon domicile fixe qu’un homme mal intentionné juché sur un véhicule a 2 roues a essayé de s’emparer de mon sac a main qui trainait nonchalamment sur le siège passager (je suis trop une GUE-DIN). Par chance j’ai de bons reflexes. J’ai poussé un tel cri de désespoir et de terreur (comprenez, mon sac contenait ma thune, mon passeport et mon appareil photo ma nouvelle Game Boy advance et mes jeux Mario Bross et Harry Potter) en me jetant sur mon sac comme une démente que mon agresseur n’a pas demandé son reste et a déguerpi en ayant bien pris le soin de repousser mon bien vers moi pour – sans doute a-t-il cru – ne pas risquer de se faire pourchasser par une folle-furieuse qui l’aurait sans aucun doute déchiqueté a pleines dents si elle lui avait mis la main dessus.

J’ai fini par arriver chez moi sans autre encombre pour constater qu’un squelette avait élu domicile dans mon salon… (bonjour, ma coloc est médecin) Il gisait en pièces détachées sur le canapé du salon. Ca m’a fait un peu drôle.

Je n’étais pas au bout de mes peines car en défaisant mon sac par la suite, j’ai pu constater qu’il s’était miraculeusement rempli de petites graines blondes durant le voyage. Eh oui, mon paquet de semoule avait explosé pendant le transport… (En même temps, qui ramène du boulgour de France dans le Tiers Monde, qui ?) (Heureusement, la quinoa bio était intacte).

Pour me remettre de ces aventures, je suis sortie boire quelques verres – c’était vraiment une idée très intelligente a 1h du matin, après une nuit blanche dans l’avion – et bam ! J’ai cassé ma tong Angry Bird, ce qui m’a fallu de finir la soirée va-nu-pieds.

Epuisée par tant de péripéties, j’ai fini par rentrer chez moi d’assez bonne heure, histoire d’affronter dans un état de sobriété totale les 3 heures d’insomnie (jetlag I love u) qui ont suivies… Cela ne m’a pas empêché de ne rien entendre du tout quand des petits voyous ont forcé mon portail pour s’introduire dans ma cour et dérober la moto de mon colocataire a mon nez et a ma barbe.

J’ai fini par m’endormir vers 5h du matin en tremblant de peur dans le fond de mon lit, à l’idée de voir débarquer dans ma chambre un truand cambodgien bien décider à en découdre me violer ou me voler ma Game Boy. Deux heures après j’ai été réveillé en sursaut par… un cambodgien (enfin, un homme de type basané dans tous les cas – au niveau des origines, ca reste à prouver). C’était juste mon coloc qui, rentrant de soirée a 7h du matin n’avait pas trouvé mieux que de me faire une belle frayeur en débarquant dans ma chambre et en tapant sur mon lit pour me réveiller avant de me bouffer la moitié de mon saucisson ramené de France.

Bref, je suis rentrée au Cambodge.

 

Breaking news: tout va bien

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J’ai le plaisir de vous annoncer qu’en dépit de tous mes efforts pour mourir ces derniers temps, je suis toujours en vie*.

*Clairement, cette phrase n’a aucun sens mais ca va, ca ne me dérange pas trop.

Pour commencer – et je dois avouer piteusement que je l’avais bien cherché en dormant avec l’aircon réglée sur la température minimale toute la nuit pendant plein de nuits (j’ai récemment déménagé dans une Suite Royale avec jacuzzi la clim alors j’en profite) et en faisant du sport prenant des douches glacées après avoir fait du sport par 40 degrés Celsius – j’ai attrapé cette maladie étrange, aussi infantile qu’incurable : l’otite-a-irruption-cutanée. Celle qui, en plus de te rendre sourde de l’oreille droite (car je dors du cote gauche) et de te donner l’impression que ta tempe va t’exploser a la face toutes les 20 secondes, te refile en prime un petit look de galleuse en faisant pousser sur ta joue de délicats bourgeons de couleur rouge… J’étais donc bien moche et bien a l’article de la mort pendant quelques jours, et j’ai d’ailleurs même du prendre un jour et quart d’arrêt maladie (Que les choses soient claires : jamais, JAMAIS je ne prends des arrêts maladie. Les arrêts maladie, c’est bon pour les p’tites bites).

Sur ces entrefaites réjouissantes, et après que Monsieur Docteur il ait compris que prendre un antidouleur par jour ca n’allait pas trop me sauver la vie mais qu’il valait peut-être mieux me shooter aux antibiotiques, je suis partie en vacances (oui car je m’arrange toujours pour tomber malade juste avant les vacances comme ca j’ai encore moins de chance de devoir prendre un arrêt maladie – chacun ses principes). Comme je ne me trouvais pas assez épuisée par mes nuits blanches passées à me concentrer pour ne pas m’étouffer dans ma propre morve, je me suis dit que rien ne valait une petite randonnée de 3 jours au beau milieu de la jungle tropicale, le plus loin possible d’un établissement de santé.

Ainsi, j’avais de grandes chances de choper le palu, la malaria (scoop : c’est la même maladie mais personne ne le sait), le typhus, la grippe aviaire, la lèpre ou le tenya, de me noyer dans un torrent, de me faire dévorer par un tigre, écraser par un éléphant, enlever par des tribus autochtones avec des pendentifs en tête réduites (bon OK la j’en rajoute un peu, on est pas non plus dans Jumanji)… et j’aurais surtout pu mourir de rire a de nombreuses reprises, surtout quand on a fait croire à notre guide qu’il allait devoir nous ramener un tuk-tuk au milieu de la jungle car il était hors de question qu’on marche les 8 km restantes le dernier jour (vous auriez vu sa tête, j’en rigole encore une semaine après).

Mais bon, une fois de plus, j’ai survécu (je suis vraiment une dure à cuire).

Enfin, à peine remise de mes aventures, j’ai entamé la dernière ligne droite du marathon de la mort en allant courir ces foutues 10 km pour lesquelles je m’entrainais à corps perdu depuis des mois (je sais ce que vous pensez tous : Peuh ! 10 km ? C’est riiiieeen, mais bon, je suis une grosse lopette et j’assume) et je n’ai pas rendu l’âme au milieu des temples d’Angkor (pourtant ca aurait été pas mal la classe) ce qui m’a vallu une belle médaille de winner finisher.

Voila c’était le flash info spécial en direct du Cambodge ou en fait il ne se passe vraiment rien de bien excitant.

Heureusement que dans deux semaines je rentre en France (et d’ailleurs je vais peut-être arrêter d’en parler car a chaque fois je manque d’expirer de béatitude orgasmique – et, franchement, après avoir traversé tout ca, ca serait quand-même con).

Bref, je pars en vacances.

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Vous vous souvenez de la fois où j’avais fait toute une histoire parce que j’avais été déjeuné seule?

Bon ben, depuis, j’ai vachement évolué (si).

La preuve en est que je m’apprête à partir en vacances, seule, pendant une semaine (DUR).

Mon mec, il n’a pas pu venir parce que comme il bosse pour des Riches, il n’a pas trop de vacances (dans la vie, il y a des priorités, comme rendre les Riches plus riches. Sauver les pauvres par contre, ça peut toujours attendre) (c’est pour ça que nous les sauveurs de pauvres, on est des gros branleurs, c’est bien connu).

Et mes autres amis, ils ne m’aiment pas trop sont trop fauchés pour se payer un billet d’avion (genre, encore plus que moi).

Donc je me retrouve seule. Je vais aller me dorer la pilule sur les plages malaisiennes et me repaître de tours bétonnées et de trajets en métro dans une ville urbaine, une vraie : KL (prononcez Kay El).

(Oh yeah)

Comme ça, personne pour me forcer à me bourrer la gueule et à renoncer à mes heures de sommeil. J’en suis pas mal contente parce qu’honnêtement, j’ai bien besoin de me remettre de tous les pauvres que j’ai sauvés ces derniers mois en faisant du marketing à gogo, et de toutes les maladies tropicales terribles que j’ai chopées en faisant de la course à pied.

(Bon, j’avoue, j’ai un ami à Kay El) (Je le précise juste pour faire mon intéressante).

Je n’ai pas peur (sauf de l’avion).

Je crois que je vais passer des putain de vacances bien SWAG. Je vous raconterai (si vous êtes sages).

A bientôt les amis!

Ce week-end, c’est la Revanche des Héros!

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Pendant que vous, pauvres mortels, vous vous tapez Koh Lanta a la télévision, moi mon week-end je vais le passer la:

Sur Koh Rong !

Pour ceux qui n’auraient pas saisi la subtilité de mon allusion, c’est THE Ile ou Koh Lanta édition 2012 a été tournée. Ouais-ouais.

Autant vous dire que, comme dirait la Princesse, je me prépare a un week-end pas mal ranké sur l’échelle de la coolitude universelle.

D’autant plus que cette histoire de Reality Show, ca m’inspire pas mal en terme d’organisation d’activités et tout ca.

Déjà, je suis plutôt  au taquet en terme de Revanche des Héros car figurez-vous que c’est bien la DEUXIEME fois que je pars briguer le titre d’Utlime Survivant de Koh Lanta sur cette ile. Or, la première fois, jeune débutante que j’étais, j’ai failli trépasser d’un mal de gorge déraisonnable suite auquel j’ai presque failli déclarer forfait. La dessus, tandis que je passais a ca de l’aphonie a vie, mon compagnon de voyage manquait de perdre un œil dans cette «jungle, luxuriante, infestée de serpents, mygales et scorpions » (source : http://www.tf1.fr/koh-lanta) (ah ils ont de l’imagination chez TF1).

Bref en termes d’Aventure et de Survie, on avait déjà eu pas mal notre dose.

Mais la comme dirait l’autre présentateur, maintenant on est rodés: « Les concurrents présents connaissent la difficulté de gagner, ils sont redoutables. Ils n’ont pas l’insouciance qui peut animer des novices à leur arrivée sur l’île. Au contraire, les notions de performance et de débrouille sont déjà bien ancrées en eux » (Denis Brogniart) (Merci Denis).

Bon, question Epreuve de Confort, je pense qu’on peut oublier dans la mesure où on a réussi à avoir le dernier bungalow avec SdB, et qu’en terme de ration de riz, on va plutôt se la jouer crêpes au nut au petit dej, salade de patates au déjeuner et poissons au barbecue le soir.

Par contre, faisant oeuvre de Performance et de Debrouille, on peut imaginer des parties de Beach Volley ou des combats aquatiques en forme d’Epreuve d’Immunité, ou la personne qui remporte le Totem est immunisé contre le fait de payer des coups à sa team le soir (par contre, les louseurs doivent lui payer ses coups a elle). Sympa non?

Pas de Conseil, ni de dégustation d’yeux de crocodiles prévus au programme. However, on peut toujours se retrouver nez-a-nez avec un tigre puisque qu’apparemment yen a plein a Koh Rong (décidemment TF1 c’est LOL).

Je sens qu’on va bien rire les copains.

Je vous raconterai (si vous êtes sages). Passez un bon week-end !

PS : Pour en savoir plus sur la question, vous pouvez toujours lire l’article de Rachel (ou la page Wiki de Koh Lanta) (oui ils ont une page Wiki, je sais, c’est ouf).

Sociologie des chiens insulaires

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Par deux fois déjà, j’ai eu l’occasion de passer des week-ends sur des iles au large du Cambodge et d’y observer les mœurs canines.

En fait ces deux week-ends étaient déjà places sous un augure animal puisque le premier s’est déroulé sur l’Ile du Singe et le deuxième sur l’Ile du Lapin. Notez bien que je n’ai pas vu plus de singes sur l’Ile du Singe que de lapins sur l’Ile du Lapin. En revanche, j’ai vu plein de chiens.

Eh bien, croyez-le ou non, les chiens sur les iles, ils sont pas normaux.

Pour commencer, chaque chien a sa guest house de rattachement, et pas question d’aller trainer la patte sur le territoire des autres. On pourrait croire naïvement que quand on vit sur une ile paradisiaque, chien ou pas, on est copain avec tout le monde. Eh ben pas du tout. Quand on se ballade sur l’Ile de la Guest House numéro 1 a la Guest House numéro 2, escorté par une bande de toutous rattachés a la première, il y a toujours ce moment frappant ou les chiens s’arrêtent net, comme si une barrière invisible venait de leur couper la route. La peur de l’inconnu se lit dans leurs yeux ainsi que la tristesse de voir s’éloigner ces gentils touristes qui avaient bien voulu leur refiler leur os de poulet.

Quand un chien s’aventure sur le territoire d’une autre meute, le guerre est déclarée et le malheureux n’a plus qu’a hurler au désespoir dans l’attente qu’un touriste un peu plus téméraire que les autres daigne lui sauver la mise avant qu’il se fasse mettre en pièces par une meute enragée. Véridique : on a vu des chiens se déchainer violemment sur un de leur congénères sur l’Ile du Singe et je n’ose imaginer ce qu’il serait advenu de cette petite bête égarée si nous n’avions courageusement volé a son secours, au risque de perdre nous-mêmes une part de notre intégrité physique.

A notre arrivée sur l’Ile du Lapin, même histoire. Nous faisons connaissance avec 3 chiens – Gilbert, Gilbert 2 et Mutant (Cherchez pas) – et en ce qui les concerne, c’était clair qu’ils n’allaient pas bouger leurs queues de la Guest House numéro 4.

Et puis il y a eu Sauron.

Mis a part son air ténébreux et de ses yeux flamboyants, Sauron était un chien comme les autres, rattaché à la Guest House numéro 4 lui aussi, et a priori pas destiné à en déloger. C’était compter sans sa rencontre avec Antoine, qui lui a fait totalement perdre la tête… Il n’a plus lâché son nouveau maitre de toute l’après-midi, s’aventurant jusqu’aux territoires canins avoisinants et défendus… A son contact, Sauron s’est rebellé contre des années d’oppressions et de tyrannie animale et a décidé que non, il n’y avait pas de raison qu’il doive se séparer de son nouvel ami si ce dernier avait envie d’aller faire un tour du coté du palmier numéro 17 parce que lui-même n’avait pas le droit de dépasser le numéro 14. Sauron a tenu tête face a de féroces chiens conservateurs, a rallié des fideles a sa cause et est devenu le maitre de la plage en imposant une loi plus juste, plus humaine parmi la communauté canine de l’Ile. Pour asseoir sa légitimité, il n’a pas hésité à se jeter dans une mer déchainée pour rejoindre son nouveau maitre dans les vagues, alors qu’il savait a peine nager. Une nouvelle ère était en train de naitre, ou tous les chiens de l’Ile du Lapin se verraient vivre en paix les uns avec les autres et vagabonder à leur guise d’une guest house a l’autre…

C’était trop beau pour durer.

Le soir même, au sommet de sa gloire, quelque chose de terrible est arrive à Sauron : il s’est fait uriner dessus par un touriste soul devant son maitre adulé.

Fou de douleur et d’humiliation, en perdition totale de son identité, de ses repères et de son leadership nouvellement gagné sur ses pairs, Sauron a néanmoins tenté de chercher du réconfort auprès de son maitre. Mais quelque chose s’était comme brisé entre eux malgré tous les efforts d’Antoine pour lui faire comprendre que cela n’avait pour lui aucune importance et que le touriste soul en question ne cherchait pas a mal et était quelqu’un de bien dans le fond…

A son retour de ballade, l’inévitable s’était produit : Antoine a retrouvé Sauron dans les bras d’un autre touriste.

Ne sachant plus que penser de l’attitude de Sauron, nous avons tenté de réconforter Antoine en le mettant devant l’évidente réalité :

« Ce n’est pas la perte d’identité due a son humiliation qui a change Sauron, il a toujours été comme ca, aguicheur avec les touristes… »

« Des que celui sur lequel il a jeté son dévolu a le dos tourné, il se fait le premier venu. »

« Il t’aura vite oublié, et toi aussi. »

« Il n’en avait qu’après ton bacon. »

« Au moins il n’aura pas le cœur brisé quand tu partiras… »

En somme, les chiens insulaires ont quelque chose d’humain : ils tiennent a leur souveraineté territoriale, mais s’ils vivent le coup de foudre, sont prêts a braver tous les dangers pour gagner l’objet de leur désir. Ils s’en délaissent ensuite rapidement pour aller voir chez le voisin si l’herbe ne serait pas plus verte… ou le sable plus chaud.

Prochaine étape : Sociologie des dauphins du Mékong. Ils ne sont plus qu’une centaine, manquerait plus qu’ils s’entretuent à leur tour pour les beaux yeux d’un touriste…