Archives de Catégorie: La poche du Travail

Parce que la vie c’est dur parfois

Taper une crise de nerfs dans les toilettes de la cantoche*: check

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*Quand je dis la cantoche, je parle pas de la cantine de l’Ecole primaire, celle dégueue ou il fallait toujours finir sa viande de cheval et ses haricots verts pour avoir droit au dessert (un yaourt nature) mais de ce resto rue 172 qui sert les pâtes aux champis les moins chers de Phnom Penh (3 US dollars pour ne rien vous cacher). Ce midi, mes pâtes, je les ai dévorés avec l’énergie du désespoir post crise de nerfs inter-commodités (je parle ici des chiottes) en bitchant de manière extrêmement nasty sur les gens de mon travail (TOUS !) (enfin presque).

Il faut dire que ce matin au travail j’étais pas vraiment une personne a classer dans la catégorie des gens détendus du slip et happy dans leur life. J’étais plutôt bien vener au contraire.

Pour commencer, depuis quelques jours il fait environ 40 650 degrés dans mon bureau (et dans l’ensemble du Cambodge d’ailleurs) et bien que je comprenne qu’on ait envie de sauver la planete parce qu’elle est tout autant dans la merde que les pauvres pas le budget pour se payer la clim parce qu’on préfère garder cette thune pour nos salaires de ministres (LOL), je dois dire que c’est pas forcement très facile de se concentrer sur une tâche quand au moindre mouvement, vous vous mettez a dégouliner comme si vous aviez (encore) couru le marathon d’Angkor et que votre tête semble s’être mise en mode pilotage automatique de l’abrutissement thermique insoutenable… (Concrètement j’ai sciemment décidé de ne foutre que le strict minimum pour ne pas me faire virer jusqu’à la fin de la saison chaude) (ou jusqu’au début d’une nouvelle ère a mon travail ou les salariés seront traités correctement et pas comme du bétail entassé dans des locaux surchauffés) (mais pour ca je pense que je peux toujours rêver…).

Bref, en plus de tout cela, ce matin, j’ai encore du faire face à une pénurie de graphistes et moi, sans graphiste, je suis au chômage technique (en plus d’être en grève. Autant vous dire que je me fais pas mal chier dans ma vie…). Or, les designers c’est cette race à part de gens caractérisés par deux choses : 1. Ils sont supérieurement intelligent (I mean, ils savent utiliser photoshop !) et 2. Leur todolist est à peu près aussi longue que la liste de courses de Mémé Jocelyne quand elle fait ses courses de la semaine en fonction de son menu Weight Watcher.

Alors après moi hein je veux bien faire leur boulot, aux graphistes, mais mes connaissances en matière de graphisme ca se limite à tracer des ronds et des rectangles sur publisher alors bon… C’est pour ca que quand je demande a mon boss de me laisser suivre une formation indesign (pour moi aussi savoir faire des trucs stylés avec les outils lasso, pipette et contour progressif), j’aimerais bien qu’il dise oui, mais, comme il est schleu, il kiffe trop l’austérité et le respect des règles de la logique disciplinaire : les graphistes font du graphisme et les marketeurs font du marketing (et ferment leur gueule).

Moi, normalement, j’ai un graphiste, il est a moi (oui), sauf qu’il est tellement bon que depuis qu’il est arrivé, tout le monde se l’arrache et il bosse sur TOUT sauf sur ce que je lui demande, et en plus je peux rien dire car je suis pas sa chef (je suis juste sa propriétaire) donc il faut que j’en réfère a mon boss (le schleu) et retour a la case départ : il me dit pour la millième fois que NON, j’aurais pas de formation indesign (SCHEISSEUH) et qu’on a deux autres graphistes je te signale t’as qu’a aller voir avec eux (en vrai il me parle gentiment hein) (il dit pas des gros mots). Moi je veux bien mais déjà ils sont cambodgiens (on dirait que c’est raciste mais en fait non) donc pas tres bien rankés sur l’échelle de l’organisation et de l’efficacité (eux par exemple ils ont pas de todolists, c’est un concept qui leur est parfaitement abscons) et qu’en plus, leur chef c’est encore un autre bonhomme dont le bureau est situé a au moins 20 mètres du mien et comme il fait trop chaud, je ne peux pas absolument bouger mon gros cul pour lui demander si je peux lui emprunter son personnel (CQFD).

(La bonne nouvelle dans tout ca c’est que je viens de sortir de ma blog léthargie, ca faisait un mois et un jour que j’avais pas posté les gars, merci la grève et vive le chômage !).

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C’est toi le Vrai Travail

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Décidément en ce moment les gens ne sont pas très gentils avec moi (alors que franchement je ne leur ai rien fait).

Apres m’être faite traitée de langue de pute (ok ca je l’avais peut-être un tout petit peu mérité), et m’être faite criée dessus que j’avais qu’a rentrer dans mon pays, l’autre soir on a très clairement décrié mon boulot comme ne rentrant pas dans cette ô combien sacro-sainte catégorie du Vrai Travail

On était tranquillement en train d’ergoter avec un « ami » (je mets des guillemets parce que je ne sais plus trop que penser de lui) et mon mec (oui, j’en ai un figurez-vous, même si j’en parle pas souvent) (j’en parle mais de manière très subtile…) sur le fait que c’était assez difficile pour lui (mon mec) de devoir désormais travailler très dur 5 jours et demi par semaine pour des Riches Constructeurs Immobiliers de Bâtis de Luxe et que c’était quand-même plus facile quand il était stagiaire sous-payé parce qu’au moins il pouvais se mettre des races le vendredi soir et faire la grasse mat’ le samedi matin, et surtout parce qu’au moins il comprenait ce qu’il faisait au lieu de se battre tout seul a la force de ses petits neurones contre des logiciels utilisés par des architectes chevronnés pour designer des Hôtels Palaces (bref, mon mec a un nouveau job – on y reviendra).

Et la « l’ami » en question lui sort comme ca l’air de rien : « Bon enfin toi au moins tu as trouvé un Vrai Travail… »

Yes… TO-MY-FACE !

Alors bien sur ca m’a bien échauffé, ce qui a eu pour conséquence de me faire perdre toute crédibilité en matière de légitime défense (ca me le fait tout le temps, je préfère péter mon câble a retardement, genre quand les gens ont complètement oublié l’affaire). J’ai bien essayé d’arguer que DIS-DONC-tu-crois-qu’on-est-tous-des-branleurs-dans-le-sauvetage-de-pauvres-ou-quoi ?!?!?! mais rien a faire, au bout de 3 minutes, je ne peux pas vous expliquer comment ni pourquoi mais je me retrouvais moi a me faire gueuler dessus en retour que j’avais des problèmes de couple, et que c’était pas de sa faute a lui (« l’ami ») si j’avais pas été capable de décrocher un poste dans une entreprise du type grosse avec un salaire du type important.

BREF.

Tout ca pour dire qu’en dépit de l’affection que je portedu respect que je dois a cette personne, je tenais quand-même à lui dire que ca n’est pas parce qu’on ne travaille pas dans le Secteur Privé de l’Actionnariat des Affaires pour une rétribution assez bien rankée qu’on ne travaille pas du tout et qu’on doit être mis au ban de la société des (vrais) travailleurs. Je sais qu’en général les gens qui ont envie de sauver le monde ne font pas beaucoup d’efforts de contribution au Grand Capital, au Marché du Profit et a la Croissance Eternelle (<— cette belle illusion GROSSE BLAGUE) mais c’est pas pour autant qu’on est tous des putain de hippies au pays des poneys violets et des arc-en-ciel bleus qui croient qu’ils vont éradiquer la pauvreté mondiale en fumant de la marijuana et en répétant Fuck Le System a qui mieux-mieux.

Enfin de toutes façons moi je m’en fous je fais du marketing, et si CA c’est pas un Vrai Travail, eh ben le capitalisme peut aller se rhabiller.

Merci bien.

Les Allemands sont nos amis

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En ce moment je ne lole pas trop au travail…

Je mets ca sur le compte de mon nouveau patron qui est allemand.

Blague a part : En ce moment je soupçonne fortement les messieurs du recrutement de mon travail de copier la stratégie d’intégration de l’Union Européenne (les p’tits malins), a ceci prés qu’ils ont pris un peu d’avance en intégrant déjà l’Islande (2 fois). Mais sinon, ca y ressemble à s’y méprendre: l’Espagne et la Grèce sont tombés en désuétude, et l’Italie n’est pas au top non plus. On s’est récemment ouvert a l’Europe de l’Est en embauchant un Serbe (oui, un vrai, de Serbie) (rassurez-vous nous sommes au courant pour Srebrenica, c’est juste que par rapport aux Khmers rouges tout ca, ca nous parait un peu de la gnognotte). La France se porte pas trop mal, et dès que c’est le bordel, on lance des grands Save.Our.Souls du coté de nos amis germaniques. Frau Merkel, you will save us all.

Que les choses soient claires, je n’ai rien de spécial contre les Allemands. Je n’ai rien de spécial pour non plus mais ca, ca n’est pas de la germanophobie, c’est juste que j’aime pas trop les gens de manière générale (surtout les nouveaux et surtout s’ils me commandent) (et aussi ceux qui abusent des cœurs sur facebook).

Lui en revanche, quand il a su qu’il y avait une française dans l’équipe, il a flairé l’aubaine. Super, une française ! On va vite devenir copain au nom de la sacro-sainte amitié franco-schleue et travailler main dans la main à sauver l’équipe de la débâcle à coup de mesures de rigueur et de restrictions budgétaires.

Genre.

C’est que moi, je ne l’entends pas trop de cette oreille. L’Austérité elle peut rester en Germanie merci bien. Moi j’ai une augmentation de salaire dans ma ligne de mire (je suis quelqu’un de foncièrement vénal n’ai pas de quoi me payer une assurance santé) donc la restriction budgétaire, très peu pour moi.

Comme il est allemand, il a un Mac Book Air et il parle mieux Anglais qu’un New Yorkais. Il dit des mots que je ne comprends pas, et pourtant je suis pas la dernière en ce qui concerne le correct parlé de la langue de Shakespeare (genre j’utilise beaucoup l’expression bitching around, et celle-là je ne l’ai pas apprise à l’école).

Au lieu de me faire bosser sur des trucs rigolos, il a opté pour un blocage temporaire de tous les process pour travailler (durement) pendant des semaines à revoir la stratégie. Je crois qu’il me grille to-ta-le-ment quand je lole sur des blogues ou que j’update mon statut facebook 35 fois par jour au lieu de faire le travail ultra-relou qu’il me demande. Je sens son œil inquisiteur d’Allemand fixé sur mon écran et j’entends presque ses connexions cérébrales fourmiller de questions sur ce que je peux être en train de fabriquer sur un site web qui de toutes évidence n’a aucun rapport avec mon boulot.

Heureusement, on va peut-être bientôt embaucher un Belge de Belgique (ils sont redevenus fréquentables depuis qu’ils ont a nouveau un gouvernement) et peut-être qu’on va pouvoir recommencer a rigoler un peu en ergotant Hoegaarden, manneken pis et autres fricadelles.

Je vous raconterai (si vous etes sages).

Je précise que cet article est à teneur ironique. En vrai, je n’update pas mon statut facebook 35 fois par jour le nouveau patron il est quand-même sympa, HEIN.

Lettre ouverte a Monsieur Sarkozy

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Monsieur le Président de la République française,

Je vous écris pour vous faire part de la consternation dans laquelle j’ai été plongée lorsque j’ai réalisé que je ne pourrais pas être présente à votre grand meeting sur le Vrai Travail le 1er Mai.

Tout d’abord je voudrais saluer cette idée d’organiser un meeting pour célébrer le travail le jour ou toute la France est en congés et n’a qu’une idée en tête : ne pas entendre parler de boulot (c’est un peu comme quand vous avez accueilli le Colonel Kadhafi le jour de l’anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Je me souviens : qu’est ce que j’avais rigolé…).

Moi aussi Monsieur Sarkozy, je suis une adepte du Vrai Travail. Je fais partie de ceux qui travaillent dur, je me lève tous les matins à 5h30 pour travailler pendant 8h, et ce 6 jours sur 7 et j’espère bien continuer comme ca jusqu’à 75 ans au moins. Je fais partie de ceux qui sont exposés car il n’existe pas de syndicat pour défendre les travailleurs dans l’usine ou je travaille, grand bien nous en fasse (manquerait plus que ca) ! Je fais partie de ceux qui souffrent car mon travail est physique et exténuant et qu’en plus je le déteste parce qu’il est totalement abrutissant. J’aspire au jour ou vous aurez enfin remis la France au Vrai Travail et ou tous les français partageront mon train de vie. Ce sera la un grand jour pour la France Monsieur Sarkozy.

Moi aussi Monsieur Sarkozy je déplore le Faux Travail. Ces jeunes entrepreneurs qui ne s’octroient pas de salaire pendant plusieurs années pour pouvoir faire vivre leur projet et leurs rêves. Ces mères de famille au chômage qui se démènent pour faire manger leurs progéniture tout en suivant des formations et envoient candidatures sur candidatures pour retrouver un emploi et être en mesure de s’offrir une vie digne. Ces étudiants tout juste diplômés qui ont voulu suivre leur voie et sont retournés chez leurs parents en attendant de décrocher le job auquel ils aspirent… Non, moi, a partir du moment ou ces gens touchent le RSA ou les alloc’ (alors qu’ils ont clairement d’autres alternatives, comme cesser de s’alimenter et aller vivre dans la rue), je les mets tous dans la même catégorie : celle des assistés.

Moi aussi Monsieur Sarkozy, j’en ai ma claque de ce que vous appelez Les Corps Intermédiaires qui ne servent qu’a bloquer les réformes du votre Super Pouvoir en représentant un peuple qui, de toute évidence, ne comprend rien a rien (heureusement que vous êtes la pour décider a sa place de ce qui est bon pour lui, au peuple). Non, moi je suis pour une France sans Société Civile, sans syndicats, sans grève (car c’est juste une excuse pour toutes ces feignasses pour ne pas aller travailler), ou le Président (enfin, surtout si c’est vous) détiendrait les pleins pouvoirs de décider de l’avenir de sa population. Ca a l’air de plutôt bien marcher dans certains pays Arabes, comme en Syrie par exemple (quoiqu’en ce moment il me semble que ca chauffe un peu, mais je ne sais pas trop, je ne suis pas beaucoup l’actualité dans les pays Arabes. Entre nous Monsieur Sarkozy, des Arabes yen a bien suffisamment ici non ?).

Monsieur Sarkozy, je vous témoigne encore une fois de mon soutien le plus profond et le plus indéfectible. Ne vous laissez pas faire par ces mollasses socialistes ! Dire qu’ils voulaient mettre un violeur obsédé sexuel à la tete du pays ! Bon, bien sur à l’époque ils n’étaient pas au courant de sa pathologie mais ce genre de chose se pressent. Vous l’aviez bien pressenti vous, quand vous l’avez placé a la tete du FMI non ?

Monsieur Sarkozy on vous a si injustement traité, vous qui êtes un si Grand Homme avec des valeurs si nobles. Vous avez raison, vous êtes une Grande Victime de la Société, vous n’avez pas mérité cet acharnement que l’on a montré a votre égard.

Vivement que vous soyez réélu Président de la République française Monsieur Sarkozy, pour qu’enfin les choses bougent : que la viande hallal disparaisse de nos étals (c’est ma principale préoccupation) et que les pauvres se fassent un peu botter le cul.

Avec toute mon admiration,

Une anonyme éperdue

Travailler le samedi matin, c’est naze

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Pour une raison surement liée a cette pathologie qui fait de moi-même une personne a tendance tout faire a la dernière minute, je me retrouve ce matin enfermée dans un bureau et condamnée a passer mon week-end a écrire un business plan de 40 pages que je n’ai bien évidemment pas commencé…

Franchement, c’est vraiment pas le bon (business) plan.

En arrivant je me suis dit « Après Facebook et Hotmail, je me mets à travailler ».

J’ai passé 30 minutes sur Facebook a liker tout et n’importe quoi, et puis j’ai répondu à tous les mails à la bourre de mon hotmail, ce qui m’en a pris 20 de plus, mais qui m’a évité de me mettre à travailler.

J’ai regardé par la fenetre. Pendant 5 bonnes minutes de plus.

Après j’ai fermé facebook et j’ai ouvert une page word. Et je me suis dit « Je retourne quand-même juste vite fait checker mon profil facebook – au cas ou j’aurais recu une notif tres importante pendant tout le temps que j’ai mis a ouvrir une page Word voyez-vous – et après je me mets à travailler ».

J’ai lu le blog de Rachel, je suis retournée sur facebook, j’ai partagé son article sur mon mur et je me suis dit « Je me fais un café et après je me mets à travailler ».

J’ai bu un café en lisant le blog des princesses et en poussant des oh et des ah et en me disant que putain moi aussi j’veux être une princesse pour savoir raconter ma vie de telle sorte sur l’Internet mondial.

Je me suis dit que je lisais un dernier article que j’ai déjà lu trois fois et qu’après je me mettais à travailler.

J’avais fini mon café, je me suis dit que je m’en refaisais un avant de me mettre à travailler.

Je me suis fait un café et je me suis dit « Je vais mettre du lait en poudre dedans avant de me mettre à travailler ».

J’ai mis du lait en poudre dans mon café et je me suis assise à mon bureau pour me mettre à travailler.

Et là j’ai vu ma page Word, toujours ouverte, toujours vide et blanche, et je me suis dit qu’avant de me mettre à travailler, j’allais d’abord écrire un article très intéressant inutile pour raconter ma vie de procrastineuse sur l’Interweb.

Sur ce, je vais aller me mettre à travailler me faire un troisième café, checker mon facebook et me mettre à travailler.

Souhaitez-moi bonne chance !

Bref, j’ai repeint le centre de formation

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Prétendre vouloir sauver les pauvres, c’est savoir se montrer multifonctionnel.

C’est ainsi qu’hier, lorsqu’entre deux tableaux excel d’analyse de ventes, j’ai reçu un email d’une de mes collègues proposant a tous les employés de l’organisation d’aller prêter main-forte au centre de formation pour le grand coup de repeinture annuel, je me suis empressée de me porter volontaire.

Le lendemain matin, j’étais sur le pied de guerre dans mes vêtements-de-travail informes à 10h du matin avec mes deux collègues. Ce centre accueille enfants des rues et jeunesse marginalisée de Phnom Penh, leur offre une éducation et les forme à différents métiers. Je vous laisse donc imaginer à quoi ressemble la population qui s’y promène, issue des tréfonds de la street cambodgienne. Bon, c’est pas non plus la Cour des Miracles mais ca ne manque pas de cachet, entre gamins tabassés par leurs parents alcooliques, héroïnomanes repentis, délinquants à la petite semaine, jouets pour pédophiles, ex chefs de gang, etc. Ce matin j’ai même croisé un authentique – dans la mesure du possible – lady boy ! On n’arrête pas le progrès.

A notre arrivée dans le centre, il parut clair que tout ce petit monde n’avait pas très envie de travailler, mais que leur idée était plutôt d’organiser une boom géante en plein air dans la cour, a entendre les tubes de Justin Bieber qui tournaient a plein régime. Manifestement cet événement était totalement dénué d’une quelconque organisation et le centre baignait une certaine anarchie.

Qu’a cela ne tienne, nous nous dirigeons vers un collègue qui a l’air de se trouver plutôt à l’aise dans le chaos général et lui demandons quoi faire. Il revient 2 minutes plus tard avec un pot de peinture rose qui dégouline et me le colle dans les mains, sourire bright aux lèvres.

« Euh… je dois peindre ou ? » je demande un peu perplexe.

Réponse empressée: « Wherever you want! ».

Voila qui me fait une belle jambe.

Je regarde autour de moi, tous les murs sont… jaunes.

15 minutes plus tard, j’ai trouvé de la peinture d’une couleur adéquate et un rouleau qui a du servir à récurer les écuries d’Augias du temps d’Hercule dans la Grèce Antique, a en juger par sa couleur. Essayant désespérément d’en étaler une couche sur un mur qui s’effrite et perd d’énormes morceaux de crépis des que j’en approche mon attirail, je suis couverte de poussière et je transpire allégrement du front sous ma frange humide…

Bien évidemment, c’est ce grand moment de classe internationale que choisit mon collègue beau-gosse pour faire son apparition avec son appareil-photo et son air goguenard.

Pendant ce temps, ma boss, forte de sa grande bossitude, a refilé son pinceau à un gamin de 8 ans et fait semblant de balayer le sol avec un balai à la stature improbable.

Et ca se prétend « organisation de protection des enfants »… Nan mais vraiment.

(J’adore ma boss).

Un peu plus tard, fatiguée par tant d’efforts, j’observe avec une circonspection mêlée de scepticisme les employés du centre s’affairer sur le même pan de mur : à droite, ils étalent consciencieusement une deuxième couche sur la peinture déjà existante. A gauche, ils s’efforcent de détruire la première couche en grattant vigoureusement, révélant un mur blanc dans un état de décrépitude avancé.

Et puis je me dis « Bah… c’est le Cambodge quoi ! ».

Bref, j’ai repeint le centre de formation.

Le Marketing pour les Nuls

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Bon, la Nul(le)s en question, plus précisément, c’est moi.

Moi, « Business and Marketing officer » – ouais, c’est comme ca que j’m’appelle au travail.

Il y a encore trois semaines, en dépit de mon titre glorieux, je dois avouer que je n’y connaissais, pour ainsi dire, rien au Marketing et au Business. Je pensais encore naïvement pouvoir changer le monde avec 3 pubs dans un magazine, quelques promotions sur des produits labellisés « On-aide-les-petits-enfants », un joli site internet et deux power points.

Erreur.

Je suis tombée de haut a l’arrivée tout droit de Paris de S.V, lassé de vendre des soupes chez Liebig depuis 8 ans, après avoir vendu des shampoings chez L’Oréal pendant 4 ans.

Si on fait le calcul, ca fait quand même 8 + 4 = 12 ans d’expérience en Marketing.

Donc S.V : 12.

Moi : 0.

Ce qui fait que :

Au bout de un jour au bureau, S.V avait déjà tout pigé sur la (non) stratégie Marketing de l’organisation dans laquelle je bosse.

Au bout de deux jours, il était au top sur les FSB Goals, le Forecast process et la Key target et réfléchissait déjà a comment doubler nos Income d’ici un an et optimiser le Portfolio management.

Au bout de trois jours, il nous avait sorti le Business & Marketing plan jusqu’en 2013.

Au bout de quatre jours, tout le staff de la boite venait le voir pour obtenir des conseils sur le Consumer understanding.

Au bout d’une semaine, il organisait un atelier « Brand positionning ».

Bref, deux semaines apres son arrivée, tandis que je me débats pour essayer de retenir la signification de KSF et OGSM, la différence entre RTB et Insight, le concept du Path to Purchase, l’importance des Best Practices et de la Key target, je commence à comprendre que le succes d’Apple ou de Coca Cola n’est pas exactement du a ce que moi j’applique quotidiennement dans mon travail : l’im-pro-vi-sa-tion.

–          Hey, tu sais faire une étude de marche ?

–          Oui-oui

–          Hey, tu peux rédiger un contrat de partenariat?

–          Oui-oui

–          Hey, tu peux nous écrire un Branding guideline ?

–          Un qu.. ? Euh oui-oui, trop facile

Eh bien non pas trop facile.

Maintenant que j’ai du admettre que le marketing ne se résume pas a coller des affiches et parler en permanence de comment-ils-sont-trop-bons-les-restos-de-l’ONG-dans-laquelle-je-bosse a mes amis, mon quotidien c’est Positionning Workshop, Optimization tools, Core target analysis, tableur excel et compagnie.

En fait, sauver les pauvres c’est pas de la tarte !